samedi 6 février 2016

CHOCOLAT

21ème séance avec débat







CHOCOLAT
Biopic français de Roschdy Zem avec Omar Sy, James Thierrée... (1h50)




VENDREDI 5 FEVRIER (CINE DEBAT)
20H30

cirque, théâtre artistes,...



CINEGRAPHE

Pour commencer, un néologisme s'impose :




vaillantiser v tr dir 
Action de redonner tout son lustre, tout son éclat, toute son importance, à une personnalité qui la méritait amplement et que l’histoire avait oubliée malencontreusement sur le bord de son chemin. 
Plus simplement :
Action de remettre dans la lumière de l’histoire quelqu'un qui en avait été indûment écarté.  

Ex : "C’est en 2015 que pour la première fois on a vaillantisé quelqu’un, et ce quelqu’un, c’était Edouard Vaillant lui-même." 


Et bien entendu le dérivé "vaillantisation" en découle naturellement. 



Voici donc maintenant celui qui a vaillantisé Rafael Padilla, le Clown Chocolat :


https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Noiriel


Gérard Noiriel, né le 11 juillet 1950 à Nancy, est un historien français, l'un des pionniers de l'histoire de l'immigration en France. Il s'est également intéressé à l'histoire de la classe ouvrière, et aux questions interdisciplinaires et épistémologiques en histoire. À ce titre, il a participé activement au développement des études socio-historiques. Issu d’un milieu modeste, il est aujourd'hui directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).





Histoire de l'immigration (XIXe-XXe siècle)



http://next.liberation.fr/livres/2016/01/06/gerard-noiriel-chocolat-tu-t-es-battu-tu-as-ete-l-acteur-de-ta-vie_1424688



Le clown Chocolat, héros des enfants de l’hôpital Hérold, à Paris, en 1910. Photo M.-L. Branger. Roger-Viollet. Fonds documentaire de l’association Daja 


Cet ouvrage retrace l’histoire d’une époque, les années 1880 à 1915, et d’un lieu, la rue Saint-Honoré à Paris, où artistes, journalistes et écrivains se croisent de jour comme de nuit dans toutes sortes de cafés, restaurants et salles de spectacle. Gérard Noiriel fait revivre ce monde de la Belle Epoque où se mélange, au moins pour quelques heures, tout un peuple parisien de duchesses et d’écuyères, de fêtards et d’enfants. Mais, surtout, il décrit le statut des premiers Noirs de Paris, globalement considérés comme de sympathiques bêtes curieuses. Rafael est toléré, on ne peut pas dire qu’il suscite d’hostilité mais, «dès qu’il veut franchir les limites qui lui ont été fixées, dès qu’il veut aller dans un espace réservé à une élite, le théâtre, on lui dit : "Reste à ta place"», remarque l’historien. En même temps, son talent est reconnu par des journalistes, notamment «le chef de la rubrique théâtre du Figaro, devant qui tout le monde tremble, et qui le considère comme un artiste de premier plan». Il est reconnu aussi par les milliers d’enfants et d’adultes qui, année après année, viennent l’applaudir au Nouveau Cirque à l’Hippodrome du Champ-de-Mars ou aux Folies Bergère. Une des qualités du livre est de montrer l’ambivalence des Parisiens face à cet homme noir.


Chocolat est vraiment une star de la Belle Epoque : il apparaît dans Gigi de Colette, dans Chaise à bascule des frères Lumière. On dit qu’il a inspiré le personnage de Lucky dans En attendant Godot de Beckett.
Gérard Noiriel raconte comment, face à la rareté des archives, il prend le parti d’imiter Modiano dans Dora Bruder : «J’ai donc décidé, à mon tour, de mobiliser le vocabulaire de la supposition pour combler les vides de ma documentation.» Et surtout, cet historien qui a beaucoup travaillé sur la classe ouvrière et l’immigration montre comment Rafael s’est battu pour échapper au stéréotype du Noir martyrisé par les Blancs. Quand on regarde les films de ses spectacles, on voit qu’il a réussi. A un moment, il s’adresse directement à Rafael : «Tu t’es toujours battu, tu as été l’acteur de ta vie, c’est pour ça que tu es mon héros préféré.»

Quant aux intellectuels juifs, il y a une évolution. Jusqu’à l’affaire Dreyfus, dans ce milieu culturel parisien, les Noirs ne sont pas vus comme des hommes mais comme des personnages, comme Guignol. La personne qui est derrière Chocolat, on ne sait pas qui c’est, on s’en fout. Les intellectuels juifs, eux, sont en phase d’intégration, on est au début de la IIIe République, il faut voir l’antisémitisme, ils en bavent. Quelque part, ils sont en lutte pour leur identité. Comme l’a relevé Freud, on se rassemble en se moquant d’un tiers. Chocolat permet à ceux qui ne sont pas sûrs de leur identité de former un ensemble avec les Français. Ce qui explique que, en 1895, dans la Revue blanche, qui est la grande revue des intellectuels de gauche, et au moment où Léon Blum en est le secrétaire de rédaction, on puisse voir une caricature par Toulouse-Lautrec montrant Chocolat en singe. Dix ans après, à gauche, plus personne ne fait ça, ce n’est plus possible. Avec l’affaire Dreyfus, un certain nombre de gens ont découvert l’universalité de la stigmatisation. Et la question noire commence à être vraiment posée en France.



[La création d'un héros : artifice ou nécessité ?]

Pourquoi avoir fait un deuxième livre sur Chocolat ?
Il y a une dizaine d’années, au moment des émeutes de 2005 et de la montée du FN, je me suis dit que ça ne pouvait plus durer, qu’on tournait en rond. Nous avons créé une association qui réunit des artistes, des chercheurs en sciences sociales et des militants associatifs pour essayer de trouver un autre langage. Chocolat était notre premier projet : une conférence théâtrale. J’ai tourné avec un musicien et un comédien dans toute la France pendant plus d’un an, et j’ai écrit mon premier livre sur Chocolat. Entre-temps, j’ai été contacté par un producteur qui avait lu un compte rendu de notre spectacle et qui voulait monter un film avec Omar Sy (2). Ça m’a donné envie d’approfondir : j’avais travaillé sur les représentations de Chocolat, pas tellement sur sa vie. Et puis, j’ai construit ce livre pour montrer qu’on avait affaire à un héros. Cela permettra peut-être à certains de s’identifier alors qu’ils ne s’identifieraient pas à Jeanne d’Arc ou à Napoléon. On est dans une société très diversifiée, mais ce sont toujours les mêmes héros qui sont mis en avant. Il ne suffit pas de rajouter des chapitres dans les manuels d’histoire, il faut aussi créer des héros.




Voir aussi :

http://clown-chocolat.com/



http://www.babelio.com/livres/Noiriel-Chocolat-clown-negre/356297

Gérard Noiriel
Éditeur : BAYARD JEUNESSE (2012)





Footit et Chocolat, c'est le plus célèbre duo de clowns de la Belle Epoque qui a inventé la comédie clownesque centrée sur deux personnages, le clown blanc et l'Auguste.
Leurs numéros mettaient en scène de façon comique les relations de domination entre blanc et noir. Amis des peintres vivants à Montmartre, les deux clowns ont été immortalisés par Toulouse-Lautrec et ont été les premiers acteurs du cinéma muet. Le clown Chocolat, esclave noir cubain ayant fui en Europe, fut le premier artiste noir à susciter un tel engouement populaire, célébré comme un " monument national ".
L'affaire Dreyfus mettra brutalement un terme à ce succès, le rire provoqué par les clichés racistes étant devenu gênant. Malgré son talent, Chocolat se trouvera exclu du monde du spectacle et mourra dans la misère. A travers lui, c'est l'histoire de l'esclavage et du devenir des affranchis que Gérard Noiriel étudie, les stéréotypes raciaux d'une époque et la mémoire qui en a été conservée : Chocolat fut enterré dans le quartier des indigents et aujourd'hui encore, aucune notice ne lui est consacrée dans les ouvrages sur le cirque.
Footit, lui, a sa tombe au Père Lachaise et apparaît dans toutes les livres. A travers le monde du cirque, qui n'a jamais été regardé comme un objet historique, et plus largement celui du spectacle vivant, Gérard Noiriel poursuit ici son travail sur le racisme. Et réhabilite enfin un de ceux qui fut "chocolat" dans notre histoire nationale.

["Et réhabilite enfin..." convient difficilement, dans la mesure où c'est l'oubli pur et simple, et non pas des condamnations précises quelconques, qui ont fait du tort au personnage. Voilà donc pourquoi "Et vaillantise enfin..." devrait bien finir par s'imposer!]


Gérard Noiriel a voulu en savoir plus. Mais comment ressusciter ce que l'histoire a effacé ? Chocolat n'écrivait pas, n'apparaît sur aucun document officiel. Seul recours, les journaux, soit des dizaines de milliers de pages à dépiauter. Il le reconnaît volontiers: sans le programme Gallica, mis en place à la Bibliothèque nationale de France, son livre n'aurait pas existé.




Précisions sur le film, avec appréciations critiques opposées: 
Extraits du quatrième de couverture :


Avec son compère Footit, ils inventent la comédie clownesque et deviennent des stars de la Belle Epoque, avant de sombrer dans l’oubli.

Pendant six ans,  Gérard Noiriel a mené l’enquête de La Havane à Paris, pour retrouver les traces de Chocolat et pour tenter de comprendre pourquoi nous l’avons oublié. Il découvre des archives inédites, rencontre des descendants, recueille des témoignages : l’artiste Chocolat sort peu à peu de sa nuit. Commence alors le combat pour réhabiliter sa mémoire. Combat qui suscite d’abord le scepticisme et l’indifférence, jusqu’au jour où le cinéma s’empare de personnage pour lui rendre la popularité qu’il n’aurait jamais dû perdre.






Conseil de JMB :
Article critique très intéressant sur "Chocolat" dans Médiapart du 06/02/2016

Roschdy Zem réussit son «Chocolat»
4 FÉVRIER 2016 | PAR EMMANUEL BURDEAU
Roschdy Zem raconte le destin du premier artiste noir de la scène, qui, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, invente avec son acolyte George Footit le tandem du clown blanc et de l’auguste. James Thierrée et Omar Sy représentent à eux deux l'amour du spectacle et les formes paradoxales du racisme : une remarquable réussite dans le ciel sombre du cinéma commercial français.



 CINEGRAPHE


Au cours du débat, sous l'impulsion de Catherine, les films consacrés au cirque ont été évoqués. Petit florilège :






Cette page en propose une centaine :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Cirque_au_cin%C3%A9ma



Le film de la soirée
Avec Christelle en présentatrice exceptionnelle, en vue d'un article dans le Berry républicain.







Monsieur Loyal au micro, normal. A côté de lui, le dresseur du chimpanzé qu'on voit au début du film. Ce dernier a pu témoigner de l'extraordinaire conscience professionnelle de James Thierrée, qui ne comptait pas ses innombrables heures d'entraînement avant ses exercices. 


























Témoignage d'un clown blanc
sur l'importance d'intervenir dans les hôpitaux auprès des malades. 



Ils ont parlé plus que bien de leur métier. L'émotion est passée à tout instant. 

Photos Soraya Aliche


L'article de Christelle (Berry républicain du 8 février 2016): 
















Berry républicain 13 2 2016





Pour finir par une chanson sur le cirque.


Jean-Roger Caussimon
Le Funambule

De tous ses copains du cirque forain
Pas un n'avait dit au vieux funambule
Qu'il était aussi parfois somnambule
Ça n'aurait servi strictement à rien

Le public parti, la lune dehors
À travers les trous de la vieille toile
Allumait un ciel tout rempli d'étoiles
Le vieux funambule, arrivait alors

Lui qui n'était pas tellement sûr de lui
Qu'avait mal aux reins, qu'avait des vertiges
Était tout changé c'était un prodige
Oui c'était vraiment le jour et la nuit

Plus besoin d'ombrelle ni de balancier
Les sauts périlleux devenaient faciles
Il était gracieux, il était agile
Comme un demi-dieu, sur son fil d'acier

Et ce fut ainsi qu'un enfant le vit
Un enfant puni ou un fils de pauvre
Qui s'était glissé dans l'odeur des fauves
Et le regardait d'un regard ravi

Spectateur fortuit de ce numéro
L'enfant applaudit à tant de merveilles
Mais un somnambule, quand on le réveille,
Comme un funambule, ça tombe de haut

De tous ses copains du cirque forain
Pas un n'avait dit au vieux funambule
Qu'il était aussi parfois somnambule
Les gens du voyage sont des gens très bien.







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http://cinelumiere-vierzon.info/



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