samedi 20 septembre 2014

LES COMBATTANTS

3ème séance avec débat








LES COMBATTANTS
Film français, romance de Thomas Cailley avec Adèle Haenel. (2014 - 1h38)







Arnaud rencontre Madeleine, aussi belle que cassante...
Jusqu'où la suivre alors qu'elle ne lui a rien demandé ?
C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.
Ovationné à Cannes, "Les Combattants" apportent un vrai nouveau souffle au cinéma français. Laissez-vous prendre dans la bourrasque...


CINE DEBAT VENDREDI 19 SEPTEMBRE à 20h30

Eh bien pour une découverte - ce que nous espérons toujours - ce fut une découverte, à l'unanimité du public conquis. Autant dire que nous fûmes loin d'être déçus! Réalisateur à suivre avec une grande attention. Réactions très spontanées du public.
Grande maîtrise des registres : le film est tout à la fois et successivement comique, tragique, émouvant, satirique, romantique,... et le tout fonctionne pleinement. Bel exercice de funambulisme, dans des intentions ambitieuses où il était si facile de trébucher. Des scènes d'anthologie: l'ouverture au crématorium : inoubliable, la réception et le traitement des poussins congelés: hilarant. Si vous n'avez pas encore vu ça, il vous manque quelque chose! Ai-je besoin d'ajouter: Coup de coeur de Ciné-Rencontres?

J'ouvre avec la première réaction à me parvenir, celle de Catherine :

Hello !

Une critique intéressante du film sur Chronic'Art :
 http://www.chronicart.com/cinema/les-combattants/


Tu verras que eux aussi font référence au thème de la "robinsonnade"
 (et je n'ai pas lu l'article avant". )

Et c'est vrai que la presse est globalement très élogieuse sur le film.

Sur You Tube, le réalisateur et l'actrice s'expriment ici : 
https://www.youtube.com/watch?v=cbihuroLrn8



The Bernard’s viewpoint

Quelques remarques...
- Premier film certes, mais dont la maîtrise montre bien la maturité du réalisateur (34 ans, études variées), rien à voir avec un film de fin de stage.

- Film tout public, avec les ingrédients que l'on aime voir au cinéma : aventure, romance, humour, avec un début, une histoire et une fin (de l'épisode), et pas uniquement destiné aux copains de la "Fémis" !

- Constantes petites "pastilles" d'humour qui aèrent, dédramatisent une situation qui pourrait être dangereuse. On s'approche même parfois du burlesque, quand par exemple le garçon envisage d'installer des rangements dans leur abri et qu'il en "remet une couche" en proposant d'ajouter des étagères...

- Pourquoi pas "mini Indiana Jones" en Aquitaine..? (Mêmes ingrédients).

- Ces aventures en forêt des Landes (région d'origine du réalisateur) nous sortent agréablement des trop habituels appartements haussmanniens où de jeunes oisifs s'interrogent sur la vacuité de leur existence...

-  Thomas Cailley a su comment faire plaisir aux spectateurs : on attend la romance (forcément un gars+une fille...), elle met du temps à se concrétiser, mais elle arrive et ça fait plaisir, on aimerait que la jeune fille finisse un jour par sourire, et c'est ainsi qu'elle conclut le film...

- Les acteurs sont crédibles, dans la "vraie vie", le garçon n'est pas menuisier, mais plombier-chauffagiste (même s'il a quelques autres petits rôles à son actif). et la fille (actrice déjà aguerrie) revendique son côté "physique".

- Au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, petit à petit, les rôles s'inversent, sans pour cela qu'on nous présente une revanche de l'Homme qui reprendrait son rôle habituel de "mâle dominant"! C'est juste à son tour de prendre le relais maintenant qu'il a été formé par la femme...


Bref, plein de bonnes choses originales dans ce très bon film ! 


J'oubliais...L'apocalypse redoutée par la fille a bien lieu à la fin de l'aventure, mais malin et cohérent avec le ton général de son film, le réalisateur nous la fait modeste et locale, somme toute épisode habituel et saisonnier en forêt des Landes... 




           (Notes obscures telles quelles sans doute, 
mais sans doute aussi plus claires si vous avez vu 
ou si vous allez voir le film)





Sérieux et absurde : Buster Keaton sur un scénario de Ionesco. Logique bizarre assénée avec un aplomb désarmant. Risques physiques (spécialité de Buster).

Mythologie. Séduire la femme guerrière. Persée. Atalante.

Aphorisme. « Si tu ne sais pas enfoncer une aiguille dans le sable, tu ne survis pas. »

Survivants. Je suis une légende.

Parents dissymétriques. Effacés et sans doute responsables parce qu’effacés (les parents de la fille) vs présente quoique discrète, prévenante, épatante (la mère du garçon).

Leçon. Dominer les instincts. L’armée se veut cartésienne : la passion est la monture, la raison est le cavalier. La grenade : la raison dit de protéger les autres en se sacrifiant, l’instinct (de survie) du que ce n’est pas applicable. Plus tard, égarés dans la forêt : la raison dit d’économiser les calories, l’instinct dit qu’il vaut mieux faire l’amour.

Sortir de l’armée (c’est un fait dans le film). Satire de l’armée ? Ce fut discuté, rien de manichéen ni lourd en tout cas. Des trucs de survie, par exemple, que les diplômes accumulés ne permettent pas de connaître. Curieux quand même pour certains : pisser en chœur dans les avalanches.

Boussole perdue. Pour l’armée dans la forêt. Boussole retrouvée. Pour les amoureux : la vie, l’amour en tiennent lieu et montrent le cap à suivre. Liberté, évasion.

Rôle du frère. Le Persan (Montesquieu) de ces deux Martiens. Point de vue évolutif, de plus en plus tolérant. Surtout après la survie miraculeuse et le drame évité de justesse.

Inversion des rôles et retour au cliché originel, mais pas dans la beaufitude, dans le respect au contraire, et l’affection. A la fin, c’est quand même lui qui porte et elle qui est malade.

Raison et absurde. Les études financières qui permettent un discours savant à la fois pertinent et décalé. Toujours savoureux.

La question de la folie est posée pour elle comme pour lui. Elle : « Elle est folle ? » Lui : « Qu’est-ce que tu as dans la tête ? »

Conclusion : « La prochaine fois, on sera mieux préparés. »

Le cercueil du père, mieux fait que l’officiel, mais entravé par des normes administratives tatillonnes. Qu’en faire ensuite ? On se souvient de l’urne funéraire encombrante du film de Solveig Anspach : Queen of Montreuil, 2013.

La nature. Labyrinthe où l’on s’égare (Le promeneur d’oiseau) ou paradis qui invite à l’amour (La belle vie).

Si on veut absolument être pessimiste avec ce film couvert d’éloges. Pas de triomphalisme : la barre est haute, le second film ne sera pas facile à réussir.

Un rapprochement. Restons groupés (Jean-Paul Salomé, 1998)
« Un groupe de touristes francais part en voyage organise pour visiter "l'Ouest américain en Cinemascope", comme dit le catalogue de l'agence Dream Tour. Un voyage de rêve de la Californie à Las Vegas en passant par les parcs nationaux et les sites grandioses immortalisés par le western. Mais voila que le tour-operateur fait faillite et abandonne ses touristes au pays de l'oncle Sam avec pour guide un jeune garcon, certes débrouillard, mais pas vraiment préparé à affronter ce genre de catastrophe. »

Rire de la peur. « C’est vigipirate. » Tout va bien, vraiment ?

Les animaux vedettes. Le furet qui inaugure le rapprochement et permet l’intérêt puis la tendresse. Le chien, de la menace au ronronnement. Malgré ses études financières, elle est très animale elle-même.

Film funambule. On craint la chute à chaque pas. Comme la traversée est réussie,  chapeau l’artiste. Film comme on les aime, donc, qui ne se moque pas de son public, bien au contraire. Une découverte.







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