lundi 8 septembre 2014

PARTY GIRL




1ère séance avec débat
(première séance de la saison 2014-2015)






PARTY GIRL



Drame français de Marie Amachoukeli, Claire Burger, Samuel Theis (1h35)

avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour, Mario Theis







Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser.




CINE DEBAT

Vendredi  5 septembre 2014 à 20h30 

au Ciné Lumière de Vierzon






Bonne rentrée
Bien sûr souhaitée en notre nom, mais surtout à partir de l’intervention exceptionnelle de Jacques qui a tenu à souligner l’importance de cette saison, notamment en raison de l’organisation des Rendez-vous du Cinéma en Région Centre, laquelle a pour effet également de renforcer le traditionnel embouteillage du mois de novembre. Nous sommes dans l’attente en ce qui concerne la concrétisation de certains de nos projets, que nous aurions pourtant bien aimé caser à cette période. Il s’agit notamment de la journée mondiale contre le diabète et de la séance prévue sur le thème de la violence faite aux femmes. (Voir sur ce sujet l’article du mois d’août RENTREE 2014-2015).




Quot capita, tot sensus
Autant de têtes, autant d'avis.

L’expression s’applique magnifiquement à notre séance, à un détail près : normalement utilisée pour dénoncer un état de grande confusion, elle sert pour nous à souligner la qualité et la spontanéité du débat où les convictions s’exprimaient avec force sans jamais se heurter. Si Térence avait été parmi nous, il aurait pensé à sa propre formule, Quot homines, tot sententiae (Autant d'hommes, autant d'avis), et à coup sûr il l’aurait adaptée, et francisée pour nous être agréable, avec « Autant de spectateurs, autant de films ». On dira que c’est presque toujours le cas de tous les films, mais il était visible et audible que cette fois on était au-delà du seuil habituel sur ce point. Toute la gamme des avis se trouva exprimée, avec sans doute une division homme-femme assez marquée. Pour être clair, on me pardonnera certains effets de grossissement qui peuvent aller jusqu’à la caricature. Par exemple, pour beaucoup de femmes, c’était un film qui faisait du bien, un « feel good movie » pour parler comme tout le monde. Pour les hommes de l’autre extrémité, en revanche, sans contester la qualité ni l’intérêt du film, bien au contraire car il y eut unanimité sur ce point, ils avaient vécu durement les effets d’un film glauque et sans concession, où le spectateur avait oublié d’être ménagé.
On comprendra dans ces conditions que je ne me risque pas à une quelconque synthèse qui aurait la prétention d’être représentative de quoi que ce soit. J’espère m’en sortir sans compromettre personne ni moi-même en reproduisant d’une manière pointilliste quelques remarques glanées ici ou là, parfois au vol, et je l’espère sans trop de risque de déformation de ma part. Seule certitude : tous les ingrédients étaient représentés, excepté l’indifférence.

Une tragédie à la Bovary.
Sauf que pour Flaubert, on connaît précisément la fin, au moins de l’intrigue, sinon des interprétations et des jugements qu’on peut être amenés à porter sur l’héroïne (la bêtise, c’est de vouloir conclure). Alors la question qui permet de révéler les différents scénarii individuels à partir du film, ce qui est redisons-le non seulement légitime mais fructueux, c’est la suivante : « Comment imaginez-vous la suite de l’histoire ? »
            Toute la gamme, encore une fois, se déploie entre les deux extrêmes. Le premier : On a atteint un point de non retour absolu, la catastrophe est inévitable, l’incommunicabilité est absolue, la guerre des sexes débouche sur une rupture d’autant plus bête et brutale qu’on avait cultivé artificiellement l’illusion du bonheur possible, l’homme et la femme se révèlent rigoureusement incompatibles et tout dialogue entre eux est à jamais impossible. Ouf ! Le second : La caresse finale sur la nuque, à la fin de la dispute, brutale il est vrai sur le coup, laisse la porte ouverte sur une probable réconciliation et une harmonie d’autant plus durable qu’elle sera plus lucide et moins nourrie d’illusions et d’attentes relevant davantage des contes de fées que de la vraie vie. A partir  d’un même point de départ, l’oxymore d’une entraîneuse de cabaret à l’âme de midinette, et d’une même catastrophe où la colère explose, deux fins antinomiques sont imaginées. Force et richesse des vraies œuvres d’art, polysémie des films qui ne sont pas purs produits de consommation rapide, qui sont adaptés aux écrans de cinéma et pas aux écrans des fast food. Rien d’exclusif ici : selon les circonstances, rien n’interdit au contraire de recourir tantôt à l’un de ces modes de consommation, tantôt à l’autre.

JMB me signale que le bovarysme se condense parfois dans une forme brève:

Je livre à ta réflexion une des chansons courtes de Wally ( c'est un spécialiste ):

"Quand elles sont petites , les filles croient au Père Noël et plus tard au prince charmant . Doit-on leur dire la vérité???"



Hommage à la mère.
Ou au contraire dégradation de l’image de la mère. Pour les uns : De quoi souder une famille dans une expérience magnifique qui fait passer une fiction dans le moule du cinéma-vérité. Pour les autres : De quoi ravager une famille en libérant les tensions latentes au lieu de les apaiser. Le processus est parfaitement conscient et maîtrisé à court terme dans le domaine professionnel (les amateurs de cinéma même exigeants n’y trouvent rien à redire, les commandes sont tenues par trois réalisateurs fiables), mais n’y a-t-il pas aussi une forme d’inconscience dans le domaine de la vie privée, et quelles traces ce film laissera-t-il chez ses protagonistes dans dix ou vingt ans d’ici ?


Discours.
Il en fut de toutes natures, tous enrichissants et légitimes. On a entendu des hymnes à la tolérance et à la profondeur des sentiments exprimés, et aussi des interventions de professionnels médicaux où l’émotion et la sensibilité n’étaient jamais absentes.




Ambiguïtés.

O pourrait dire dans le dictionnaire des idées reçues : « Pas d’oeuvre d’art sans ».
Alors on est servi. Le fils préféré avec lequel on se comprend presque sans avoir besoin de recourir à la parole (qui est par ailleurs précise, pertinente, efficace, émouvante,…) est aussi celui qui dit avec un cynisme brutal : « On ne va pas se la cogner encore…). 

Cloisons étanches ou membranes poreuses ? Pour les uns, entraîneuse de cabaret et prostituée, cela n’a rien à voir. D’ailleurs elle dit dans le film qu’il ne faut pas confondre et que c’est dans un autre lieu qu’on les trouve. Pour les autres, cette parole n’est pas plus fiable que les autres, souvent délirantes, éloignées du réel voire franchement surréalistes, il est clair, et d’ailleurs une expérience éclairée le confirme, l’une n’est que l’habillage soft, voire l’antichambre de l’autre.

Montrer pour mieux cacher. Un film où rien n’est caché, jusqu’à l’impudeur la plus totale, le quasi tabou de la nuit de noce de la mère. Au rebours, un film où l’essentiel est masqué, l’effet de télé réalité n’est là que pour nous faire oublier qu’on se cache et qu’on nous cache l’essentiel : le passé exact de cette femme. Quelle fut sa vie, en dehors des quelques indices un peu clichés qu’on veut bien nous donner en pâture ? Sa famille ne la comprend pas, le spectateur non plus.

Evacuer les tensions? A moins que ce ne soit l'inverse. Dans l'intimité,  la fin de la litanie des définitions de l'amour, on rencontre: "L'amour, c'est péter ensemble." Le résultat est visiblement très loin d'être probant. A l'apogée du rassemblement familial, au banquet de mariage. Le fils préféré prend la parole, brillant comme toujours. "Comme dans les contes de fées, on peut dire qu'ils se marièrent et furent heureux..." Pour ajouter, "mais on a de la chance, car là vue leur âge c'est impossible qu'ils aient des enfants!" Pas sûr que la remarque soit si revigorante...

Le coeur: en avoir ou pas. On a le choix entre être inhumain dans le dernier cas, ou être malheureux et souffrir dans le premier. Le dilemme du bûcheron en fer-blanc dans  Le Magicien d'Oz: "Tu sais que j'ai un coeur, et il me fait mal." Les amputés du coeur de Brel (Jojo):

                         Je te quitte au matin
                         Pour de vagues besognes
                         Parmi quelques ivrognes
                         Des amputés du coeur
                        Qui ont trop ouvert les mains 

Le dernier mot bien sûr pour Baudelaire ("Causerie", Les Fleurs du Mal):

                        - Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ;
                       Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé
                        Par la griffe et la dent féroce de la femme.

                        Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.



Tolérance ou intolérance. On ne la comprend pas, mais on l’accepte telle qu’elle est, aux limites d’une folie qui pourrait, si on la prenait au sérieux, ce que fait Michel pour son plus grand malheur individuel, conduire au malheur généralisé. Tolérance ? Peut-être, mais peut-être aussi la pire des intolérances, qui consiste à nier son humanité complexe pour mieux s’en préserver. Ce qui se comprend aussi. C’est toute la question des pères multiples à jamais enfouis dans l’inconnaissable. « Quand je bois, j’oublie tout. » Ce ne fut certainement pas la première fois, et dans des circonstances importantes où il aurait mieux valu, pourtant, garder un peu de mémoire.


Clichés ou originalité.
On se dit parfois d’entrée qu’on menace d’être assailli par toutes sortes de clichés comme les danseuses à la barre, ou même d’autres, sympathiques au demeurant, comme les amours entre personnes qui n’ont pas les canons  physiques des Apollons et autres Vénus. Puis, et cette fois ce n’est pas une différence entre personnes, mais une évolution contrastée à l’intérieur de chacun des spectateurs, on prend vite conscience que ce confort déplaisant est vite battu en brève par la complexité des situations qu’il présente et la multiplicité des réactions qu’il sollicite. J’ai souvent lu que c’était un film dont on ne sortait pas indemne. Je crois pouvoir dire que nous l’avons vérifié avec cette séance.



Il faut bien le reconnaître, cette image est belle© Pyramide Distribution
Une bonne partie du film a été tournée de nuit, dans un vrai bar à hôtesses,
à la frontière franco-allemande, avec néons et lumière artificielle.
D'où la nécessité d'unifier les tons, de rectifier les couleurs.


Délire III (Rimbaud et Charleville ne sont pas loin de Forbach) 
A moi, l’histoire d’une de mes folies! C’est une folie sans doute, mais c'est ainsi,  elle m’est venue à l’esprit. J’ai vu en effet dans la situation pathétique de cette fille abandonnée par sa mère l’allégorie de la Lorraine, si légèrement cédée à la Prusse, et récupérée ensuite dans l’allégresse générale, marquée par tant de déclarations d’amour réciproque après le rapt ravageur du III ème Reich que l’abandon initial avait grandement facilité.





Puisque le mot a été prononcé,
deux chansons de Serge Reggiani nous aideront à le médiatiser, après un petit détour par les origines.

salope
Le terme le plus fort, le plus violent, au sommet de la crise.


                 La seconde partie du mot
Pourtant belle et timide, elle ne se baigne que dans la poussière, jamais dans l’eau, ce qui gâche tout et lui confère une très mauvaise réputation.
la huppe

La huppe est un oiseau connu pour sa saleté et son l’odeur infecte, d’où des rapprochements en patois avec le verbe puer et l’adjectif féminin pute (« puante ») du latin putida [putere = puer], put ("puant") ayant surtout le sens de « sale, mauvais », etc., et encore aujourd’hui de « laid » dans les parlers de l’Est. 
Proverbe lorrain : « Sale comme une hoppe ».



                 La première partie du mot
« sale », du francisque salo, « trouble, terne ».

                  Enfin le tout
serait vraisemblablement une création orléanaise et du début du règne de Louis XIII. Le masculin « salop » est lui créé plus tardivement, sous le règne de Louis-Philippe. Pas de conclusion hâtive…

(à partir de : O.Bloch et W. von Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française)

Applications et illustrations :


JEAN-BAPTISTE

ARMANDE A LES YEUX EN AMANDE,
ARMANDE A LE FRONT D'UNE REINE,
ARMANDE A LA LÈVRE GOURMANDE
DES SOUVERAINES.
ARMANDE, A L'ÉCOLE DES FEMMES,
A TOUT APPRIS SANS RIEN SAVOIR,
ARMANDE EST UNE PETITE ÂME
AU GRAND POUVOIR.

MOLIÈRE, JEAN-BAPTISTE, LA FAIT RIRE
SOUS LES TRAITS D'ARNOLPHE LE CHENU,
IL DIT QU'ETRE SEUL EST BIEN PIRE QU'ETRE COCU

CÉLlMÈNE EST LA MÉDISANCE,
LA GLACE ET LA FUTILITÉ,
ELL' N'A PAS L'OMBRE D'UNE CHANCE
D'HUMANITÉ.
CÉLlMÈNE EST DE CES SALOPES
QUI RENDENT CHIEN OU MALHEUREUX
ET QUI FERAIENT D'UN MISANTHROPE
UN AMOUREUX

MOLIÈRE, JEAN-BAPTISTE, LA FAIT RIRE
SOUS L'HABIT D'ALCESTE AUX RUBANS VERTS,
 IL DIT QUE LA FOULE EST BIEN PIRE
QUE LE DÉSERT,










Jean Renoir La chienne (1931)



Marié à une veuve acariâtre, M. Legrand a un violon d’Ingres : la peinture. Il tombe sous le charme de Lulu, une jeune femme exploitée par un souteneur. Celle-ci va abuser de sa crédulité et provoquer sa déchéance.






« Ne ris pas, Lucienne ! Ne ris pas ! »







Expression également entendue dans le film :

papillon de nuit
            Il est plusieurs façons d’être « de nuit ». La folie en est une. Folie de la fête, folie de la drogue, folie de l’alcool, folie de l’amour (Adèle H).

ADÈLE

ET TOUT CE BROUILLARD DANS SA TETE,
LE SOIR A DES PARFUMS LILAS...
 LE SERGENT DE GARDE RÉPÈTE:
« NON, LE LIEUTENANT N'EST PAS LA! »
MAIS CE LIEUTENANT, ELLE L'AIME
DU FOND DE SON REVE INDIGO,
PLUS QU'ELL', PLUS QUE SON PÈRE MEME,
ELLE S'APPELLE ADÈLE HUGO...

ET TOI, DEVANT LA MER PROFONDE,
TOI, POÉTE ET PROSCRIT, TU SAIS
QU'IL EXISTE, HÉLAS, DANS CE MONDE
D'AUTRES EXILS QUE GUERNESEY.
ET TOI, LE RÉVEUR SOLITAIRE,
TU VOIS DE TON REGARD GÉANT
QU'IL EXISTE, HÉLAS, SUR LA TERRE
D'AUTRES GOUFFRES QUE L 'OCÉAN...

ELLE A OUBLIÉ LA RANCUNE
ET L'AMERTUME ET LE DEVOIR.
ELLE N'EST PLUS JAMAIS QUELQU'UNE
QUE POUR, PARFOIS, L'APERCEVOIR.
ELLE EST UNE PETITE CHOSE
QUI S'EST TOUT ABIMÉE EN LUI.
UNE LENTE MÉTAMORPHOSE
FAIT D'ELLE UN PAPILLON DE NUIT.

ET TOI, DEVANT LA MER PROFONDE,
TOI POÈTE ET PROSCRIT, TU SAIS
QU'IL EXISTE, HÉLAS, DANS CE MONDE
D'AUTRES EXILS QUE GUERNESEY.
ET TOI, LE VIEUX PROPHÈTE TRISTE,
QUI AS COMBATTU L'ÉCHAFAUD,
TU SENS BIEN, HÉLAS, QU'IL EXISTE
D'AUTRES MORTS QUE CELLE A LA FAUX!...



Renversement générationnel.
On a vu de nombreux films où des enfants veillaient à leur tour sur la santé de leurs parents amoindris par la vieillesse. L'inversion des rapports conventionnels à l'occasion d'un mariage est moins fréquent. Revisitons-le avec Georges Brassens.

            La Marche nuptiale


Mariage d'amour, mariage d'argent,
J'ai vu se marier toutes sortes de gens :
Des gens de basse source et des grands de la terre,
Des prétendus coiffeurs, des soi-disant notaires...

Quand même je vivrais jusqu'à la fin des temps,
Je garderais toujours le souvenir content
Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
S'allèrent épouser devant Monsieur le Maire.

C'est dans un char à boeufs, s'il faut parler bien franc,
Tiré par les amis, poussé par les parents,
Que les vieux amoureux firent leurs épousailles
Après long temps d'amour, long temps de fiançailles.

Cortège nuptial hors de l'ordre courant,
La foule nous couvait d'un oeil protubérant :
Nous étions contemplés par le monde futile
Qui n'avait jamais vu de noce de ce style.

Voici le vent qui souffle emportant, crève-coeur !
Le chapeau de mon père et les enfants de choeur...
Voilà la plui’ qui tombe en pesant bien ses gouttes,
Comme pour empêcher la noc’, coûte que coûte.

Je n'oublierai jamais la mariée en pleurs
Berçant comme un' poupé’ son gros bouquet de fleurs...
Moi, pour la consoler, moi, de toute ma morgue,
Sur mon harmonica jouant les grandes orgues.

Tous les garçons d'honneur, montrant le poing aux nues,
Criaient : "Par Jupiter, la noce continue !"
Par les homm's décrié’, par les dieux contrariée,
La noce continue et Viv' la mariée !




Super, on nous a écrit !

             Si notre projet de récompenser par une entrée gratuite au cinéma une contribution réussie de nos adhérents sur les films, en voici une qui serait à coup sûr primée.


 Après coup, j'ai réalisé que j'avais bien connu une "Party Girl" au parcours assez similaire à celui d'Angélique L.
C'était en Touraine, il y a quelques années...
Mady (Madeleine), une blonde genre Line Renaud, après une longue "carrière" dans divers cabarets plutôt classe, s'était retrouvée à travailler dans quelques bars du Chinonais fréquentés par les soldats américains (et moi jeune lycéen...) du camp d'à côté. Elle avait du boulot, aidée par quelques copines, et c'était la fête tous les soirs !
Une fois les Américains partis, fini la belle vie, il ne lui restait comme clients potentiels que les ivrognes du coin, peu portés sur le champagne...Alors, comme Angélique, elle s'est mariée avec Pierrot, un de ses derniers clients, un routier sympa (un vrai, avec de grosses moustaches), souvent absent, ce qui lui allait très bien, car elle ne pouvait s'empêcher de fréquenter les bistrots, mais comme simple cliente maintenant.
Toujours très digne, devenue respectable, elle pouvait rester des heures assise au bar, acceptait qu'on lui offre un verre, mais détestait qu'on s'adresse à elle de manière vulgaire ou qu'on lui rappelle ses anciens "états de service", ou qu'on parle de prostitution, quoique... 
Cependant, son passé était tellement ancré en elle (encore comme Angélique), qu'un soir où elle m'avait invité avec ma femme Chantal à prendre l'apéro chez elle (c'était un privilège, et deux profs en couple c'était classe...), une fois sortie une énorme bouteille de whisky (stock américain), et trois verres...rien ne se passa, on attendait, et on commençait à avoir soif !
Soudain, elle réalisa et nous dit :"Excusez-moi, j'ai toujours eu l'habitude d'être servie"...Alors je me suis exécuté, et tout était rentré dans l'ordre...


Plus glauque, un soir sur le Boulevard Heurteloup à Tours, j'ai rencontré sa copine "Big Red" (surnom donné par les Américains) qui faisait le tapin à l'ancienne, elle n'avait pas eu la chance de rencontrer un routier sympa...Je lui ai donné des nouvelles de Mady, évoqué l'époque des "Ricains", et puis plus fort qu'elle, ou par "nécessité économique", elle n'a pu s'empêcher de me faire une "offre" , et même une promo en souvenir du bon vieux temps...Bien triste fin de carrière...

Pour revenir au film, j'ai été très intéressé de découvrir la perméabilité linguistique entre le "Platt" local et le français.

J'espère que tu pourras faire quelque chose de ce témoignage, ça m'était sorti de l'esprit l'autre soir.
Bernard "Patoche".



Le mariage des langues.
Dans cette région des marches des anciens empires et royaumes, mainte fois envahie et ravagée par les armées de l’un ou l’autre bord, abandonnée dans les larmes de façon honteuse par la très douteuse République de 1870, récupérée dans la liesse après la barbarie du IIIe Reich, l’interpénétration des langues française et allemande prend évidemment une signification symbolique très forte. Elle concourt maintenant à l’évidence au plaisir que l’on prend au film. L’hypothèse a été émise que les propos en allemand devenaient la règle dans les moments de tension forte et de violence. A vérifier, mais je n’ai pas eu cette impression. La langue française est la norme habituelle du film, notamment pour les échanges courants. L’allemand dans mon souvenir intervient de manière privilégiée pour les échanges intimes, qui comprennent donc  à la fois les moments de tendresse et les moments de colère. Rien que pour cela, il faudrait peut-être revoir le film…




Un travail minutieux

Particulièrement sensible avec le témoignage sur ce site:






De gauche à droite : Julien Poupard, le chef opérateur, Samuel Theis, Marie Amachoukeli et Claire Burger, les trois réalisateurs en séance d'étalonnage. - © JC



Quand la caméra est d'or

La Caméra d'or est une récompense cinématographique remise depuis 1978 lors du Festival de Cannes pour encourager de jeunes artistes au talent prometteur.

Elle récompense le meilleur premier film de toutes les sections du festival : sélection officielle (en et hors compétition et Un certain regard), la quinzaine des réalisateurs et la semaine de la critique. Ce prix, décerné par un jury indépendant d'environ cinq personnalités du cinéma, est remis lors de la cérémonie de clôture du festival.

   En voici les derniers lauréats (les présidents du jury sont indiqués sur la droite) :


Rappel. Nous avons débattu avec Les bêtes du sud sauvage, nous avons soutenu Ilo Ilo qui figurait dans la programmation Ciné-Rencontres. 




A la fin de la séance, Jacqueline a attiré notre attention sur un film dont la sortie est annoncée pour le 21 janvier 2015 : Discount, de Louis-Julien Petit (La lutte contre les caisses automatiques). Prix du public au Festival d’Angoulême.
N’hésitez pas à  le retrouver avec l’ensemble des films qui ont retenu notre attention ou qui nous ont été proposés :



        Merci enfin à notre très cinéphile quotidien régional qui nous permet littéralement grâce à cette lecture de revivre agréablement notre soirée de rentrée. 

Berry républicain 12 septembre 2014














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