lundi 29 avril 2019

FAHAVALO, MADAGASCAR 1947

37ème séance avec débat







FAHAVALO, MADAGASCAR 1947

  
Documentaire français de Marie-Clémence Andriamonta-Paes. (2019-1h35)



VENDREDI 3 MAI 2019
20h30

En présence de 
MARIE-CLEMENCE PAES 
REALISATRICE DU FILM



La répression de 1947 à Madagascar.
Guerres de décolonisation, histoire et mémoire, archives et témoignages, histoire refoulée,…








Madagascar 1947. Les rebelles insurgés contre le système colonial sont appelés fahavalo, «ennemis» de la France. Les derniers témoins évoquent leurs longs mois de résistance dans la forêt. Les images d’archives inédites dialoguent avec les scènes de la vie quotidienne dans les villages aujourd'hui. Les récits des anciens et la musique hypnotique de Régis Gizavo nous transportent dans le passé pour découvrir cette histoire refoulée...  



FAHAVALO Madagascar 1947 projection en présence de la réalisatrice du film Marie Clémence Paes
Vendredi 3 Mai à 18h au Ciné Palace de Romorantin et à 20h30 au Ciné Lumière de Vierzon, projection du film FAHAVALO - Madagascar 1947 en présence de Marie Clémence Paes, réalisatrice du film...

Une soirée à ne pas manquer !





LA REALISATRICE Marie Clémence Paes

De nationalité malgache et française, Marie-Clémence A. Paes a passé son enfance à Madagascar. 
Après des études de sociologie à la Sorbonne et de marketing au CELSA, elle crée Laterit Productions en 1988 avec son mari Cesar Paes, documentariste brésilien. Ensemble, ils font des films documentaires pour écouter les cultures orales. 
Auteurs entre autres de l'Opéra du bout du monde sorti en salles de cinéma en 2012, Mahaleo, Étoile SCAM 2007, coproduit par ARTE Cinéma avec la participation de Canal +. Saudade do Futuro, Grand Prix du public aux Rencontres de Cinéma du Forum des images. Le Bouillon d’Awara, coproduit par ARTE et la RTBF, Aux guerriers du silence Colombe d’Or à Leipzig 1992. Angano… angano… Nouvelles de Madagascar, Grand Prix au Festival dei Popoli et Prix des Bibliothèques au Cinéma du Réel 1989. 
Leur films sont sortis en salles en France, aux USA et en DVD et VOD. Fahavalo est son premier film en tant que réalisatrice.


Marie-Clémence Paes, est une productrice et réalisatrice de cinéma franco-malgache, au générique de certains films, elle est parfois créditée sous le nom de Clémence Paes

Marie-Clémence Paes a créé en 1988 avec César Paes, la société de production indépendante, Laterit Production. Cesar Paes son compagnon, est lui-même réalisateur franco-brésilien. Elle a produit et réalisé de nombreux longs métrages documentaires. Dans ces films engagés, la musique tient un rôle important et est souvent utilisée comme élément narratif. Ces films abordent les questions sociales et luttent contre les clichés. Ces films ont remporté plusieurs prix au festival Cinéma du Réel.  

En 2012, elle co-réalise L'Opéra du bout du monde, ce documentaire est le récit de la création d'un opéra contemporain réunionnais racontant l'arrivée des officiers de Louis XIV dans les îles de l'Océan Indien. Marie Clémence Paes réside actuellement à Paris.






LE COMPOSITEUR

Régis Gizavo, auteur-compositeur, accordéoniste autodidacte, né à Tulear dans le sud de Madagascar. Prix RFI en 1990, il a accompagné des artistes du monde entier, tels que Cesaria Evora, Lénine, Mano Solo, I Muvrini… 
Il est décédé le 17 juillet 2017, alors qu'il n'avait enregistré que des maquettes de la musique qu'il a composée pour le film. Elles ont été intégrées telles quelles dans la bande son et apportent une émotion rare au film.















(Allociné)
Genre documentaire
Marie-Clémence Paes explique pourquoi le genre documentaire lui semble plus adapté pour évoquer les questions mémorielles : "Le documentaire est un genre puissant pour le questionnement. Ils sont des "machines à réfléchir" et non à distraire. Or, le travail de mémoire ne devrait pas être exclusivement celui des universi- taires mais celui de chaque citoyen, de chaque être humain. Le cinéma est un genre populaire qui peut toucher beaucoup de personnes, quel que soit leur niveau d’instruction. J’aime beaucoup cette citation de Churchill, qui était pourtant un dirigeant plutôt libéral : « celui qui ignore son passé est condamné à le revivre ». Il est très im- portant que le réel aide à transmettre les enseignements du passé. Le cinéma do- cumentaire permet de porter avec force le passé jusqu’à nos yeux et nos oreilles, notamment grâce aux archives et aux témoignages."

Questionnement
En travaillant sur ce sujet, Marie-Clémence Paes questionne également sa propre identité. La réalisatrice explique : "Je suis le fruit d’une histoire coloniale. Née d’une mère malgache et d’un père français, je suis donc métisse et mariée à un Brésilien. Pour beaucoup de personnes, je ne suis ni Malgache ni Française. Je me sens pourtant 200%, c’est-à-dire 100% Malgache et 100% Française. Selon moi, cette double culture est un énorme avantage et non un handicap. En choisissant ce sujet, j’aimerais raconter les années 1940 du point de vue des Malgaches, notamment des soldats, car je n’ai jamais entendu que la version française de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale à l’école."

Crimes coloniaux
Pour Marie-Clémence Paes, les crimes coloniaux font de l’ombre et continuent d’affecter la vie des gens à leur insu. "Nous sommes maintenant la troisième génération et alors que la quatrième génération arrive, ceux qui ont vécu les épisodes douloureux de l’histoire coloniale n’ont pas pu ou pas voulu transmettre ce qu’ils ont vécu. Les raisons sont multiples et souvent très personnelles. Certains voulaient essayer d’oublier à jamais, par culpabilité peut-être, ou par ignorance, voire par amour pour leurs enfants afin de les protéger. Dans certaines familles, ce sujet est toujours un tabou, un silence tacite par crainte de revivre les douleurs du passé mais aussi par habitude car il fal- lait se taire pour survivre. La censure et la répression après les événements de 47 ont durablement installé un climat de suspicion et la pratique de la délation, contribuant à épaissir le silence autour des témoignages."




L’HUMANITÉ
SOLDATS « INVISIBLES », COMBATTANTS INSURGÉS
Mercredi, 29 Mars, 2017
Jean-Claude Rabeherifara

La réalisatrice Marie-Clémence Andriamonta-Paes retrace, dans son prochain film, les itinéraires des soldats malgaches enrôlés durant la Seconde Guerre mondiale, passés par la Résistance, puis engagés dans l’insurrection de 1947 à Madagascar.

Votre prochain film porte sur les militaires malgaches des guerres mondiales et résistants au fascisme en Europe qui, pour certains, ont été des chefs insurgés en 1947. Qu’en est-il exactement ?

Marie-Clémence Andriamonta-Paes Oui, j’ai voulu comprendre ce qui s’est passé en 1947 à Madagascar. J’ai voulu écouter les témoins, ceux qui étaient là au moment des faits. Écouter ce qui reste dans la mémoire des anciens mais aussi lire les témoignages des survivants qui ont vécu les combats et la répression en brousse. C’est frappant comme tous ces témoignages racontent que le temps et les causes de l’insurrection sont intimement liés à la Seconde Guerre mondiale. Dans la brousse malgache, les vieux se souviennent que les soldats sont revenus de la guerre en août 1946 et que, peu après, il y a eu les élections législatives qui ont envoyé deux députés malgaches au Parlement ; bien qu’ils aient obtenu la fin du travail forcé, il n’y a même pas eu de discussion pour l’obtention de l’indépendance. Certains de ces soldats qui avaient affronté les Allemands dans les Ardennes avaient été faits prisonniers dans les Frontstalags et ceux qui étaient cantonnés en zone libre avaient été transformés en travailleurs coloniaux à la démobilisation. Il n’y avait pas de bateau pour ramener les Malgaches chez eux. En attendant, sous Vichy, ils ont été répartis dans des fermes et des usines, certains ont rejoint le maquis. Ils avaient donc bien appris comment résister dans une situation d’occupation. En 1946, il y avait l’espoir que l’indépendance soit obtenue par la voie légale, mais le refus catégorique au Parlement a conduit ceux dont la patience était à bout vers la lutte armée. Si tous les « anciens combattants » revenus de France ne se sont pas rebellés, les chefs insurgés étaient des soldats aguerris par sept années de combats et d’exil en Europe. Partout en brousse, aujourd’hui encore, les vieux se souviennent de ce qui avait été signé dans les accords de San Francisco, à la création de l’ONU : « Pour remercier les soldats coloniaux de leur aide pour vaincre le nazisme, on leur donnerait l’indépendance. »

Quel est le rôle du travail cinématographique dans l’expression de ces réalités historiques ?

Marie-Clémence Andriamonta-Paes Il est difficile de réaliser un film sur un sujet si peu abordé dans les manuels scolaires et dans les médias. Cette méconnaissance fait que les décideurs doutent de l’importance de traiter cette tragédie : une histoire bien peu glorieuse pour la France et une histoire de défaite pour les Malgaches. La difficulté d’aborder un sujet réputé réservé aux spécialistes n’est pas spécifique à l’insurrection malgache, il faut juste veiller à ce que cette histoire ne se transforme pas en « chasse gardée » ; mon ambition n’est pas de remplacer le travail des historiens mais de faire en sorte que le film conduise le public piqué dans sa curiosité à aller plus loin, jusqu’à découvrir le travail des historiens.

Filmographie : coréalisatrice avec Cesar Paes et productrice de l’Opéra du bout du monde (2012), Saudade do Futuro (2000), le Bouillon d’Awara (1996), Aux guerriers du silence (1992, documentaire) et Angano... Angano... Nouvelles de Madagascar (1989).
Productrice de Songs for Madagascar (2016, documentaire de Cesar Paes), Ady Gasy (2014, documentaire réalisé par Lova Nantenaina), Batuque, l’âme d’un peuple (2006, documentaire réalisé par Julio Silvão Tavares), le Sifflet (2005, court-métrage d’As Thiam), Mahaleo (2004, documentaire réalisé par Cesar Paes et Raymond Rajaonarivelo). http://www.laterit-productions.com
Entretien réalisé par Jean-Claude Rabeherifara

https://www.humanite.fr/soldats-invisibles-combattants-insurges-634023


WIKIPEDIA

L'insurrection malgache de 1947 est une insurrection qui eut lieu en 1947 et 1948 sur l'île de Madagascar, alors colonie française. Elle est souvent considérée, après la crise indochinoise qui éclata en décembre 1946, comme l'un des signes avant-coureurs de la décolonisation en Afrique francophone.

Le soulèvement, accompagné de massacres de colons français et de Malgaches non-indépendantistes, fut suivi d'une terrible répression conduite par l'armée française qui fit plusieurs milliers de morts. Le nombre de victimes de cette répression fait encore débat parmi les historiens, le chiffre variant de 11 0004 à 100 000 morts.


Cette insurrection est commémorée par un jour de deuil national à Madagascar chaque 29 mars depuis 1967.



La documentation qui accompagne le film









Le Grand Atlas historique de Georges Duby













  

Au moment du pot convivial, en grande conversation avec Jean-Luc. 



Le film rend parfaitement compte de ce qui fait le cœur du paradoxe malgache, lequel s’inscrit dans la troisième loi de Newton, celle des forces égales et de sens contraire. 
Paradoxe, car des horreurs initiales naît un équilibre qui paraît étonnamment durable. Les tentations des récupérations par réécriture de l’histoire et de la guerre des mémoires sont ici faibles, ce qui n’est pas fréquent. 
Du côté malgache, on ne peut guère se glorifier d’une guerre de libération des peuples qui conduirait immanquablement à réactiver le fait qu’on se trouvait dans le camp des fascismes, et que, sans attendre, les tortures et la volonté d’une expulsion immédiate des colons ne font pas un tableau favorable.
Du côté français, la colonisation a priori n’est pas bien vue à notre époque, d’autant plus que dans ce cas précis la thèse des bienfaits de la colonisation est sans doute encore moins défendable qu’ailleurs, comme le montre entre autres le tracé de la ligne de chemin de fer, qui joint les sites industriels et qui se soucie bien peu des intérêts des populations. 
Alors, contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre (et je m’inclus dans ce « on »), le film fut assez peu idéologique, et conséquemment aussi le débat. 
Volontairement, la réalisatrice ne s’est pas lancée dans cette voie, évitant même une stérile guerre des bilans humains, et les richesses du pays, celles des hommes, des coutumes et des paysages, sont apparues vivement aux yeux des spectateurs. 
Ce n’est pas pour moi, je dirais même au contraire, une pétition de principe. Je suis en général pour la précision dans les recherches historiques, à conduire le plus objectivement possible. Pour les guerres coloniales, mais aussi pour les guerres civiles comme la Commune de Paris. L’établissement des responsabilités, l’évaluation de la proportion des répressions, ne sont pas des sujets à évacuer dans examen. Les oublis forcés artificiellement sont rarement à l’abri d’un refoulé important et redoutable.
Mais dans ce cas, et c’est pourquoi j’évoque ici un paradoxe, il semble que l’oubli soit quand même la meilleure des solutions. Certes les historiens doivent faire leur travail de recherche, et les archives doivent leur être ouvertes pour cela, mais il n’est pas sûr que la diffusion large dans la population (française comme malgache) par le biais de l’enseignement ou des médias, soit vraiment souhaitable. Et c’est quelqu’un qui milite pour que la Commune de Paris sorte enfin de notre amnésie nationale et soit réintroduite dans nos programmes scolaires qui le dit. C’est bien le signe d’une spécificité importante de l’histoire de Madagascar, qui permet ce qui est le plus souhaitable, à savoir le retour d’un vivre ensemble apaisé et bienveillant. Et c’est ce que symbolise à merveille le second prénom de la réalisatrice, Clémence. 
Jean-Marie

  


Ce documentaire a été apprécié par le public, pour  toutes ses informations, son humanité et son questionnement foisonnant.

Mais ce que j'ai apprécié au plus haut point, ce fut le débat : intelligence vive, tendre, sans concession de la réalisatrice et questions et commentaires du  public ainsi que des animateurs , le tout "sans gras" , allant à l'essentiel. 

Bref, je suis ressorti avec un sentiment d'un grand moment citoyen et rempli de respect de l'autre.

Encore! Encore! 
Jean-Marie B




N’hésitez pas à visiter la page de l’actualité du mois,
 qui concerne :


Gilles Candar et Edouard Vaillant à Vierzon
Université populaire du Pays de Vierzon
Café repaire
Le 1er mai à Vierzon
Les 10 ans du Facteur
Bandits-Mages Bourges
Concert "Les Pastoureaux" à l'église des Forges
J.-M. Favière et J. Brel sur France Culture
Théâtre musical Brel Steinbeck à Bourges
Gilles Magréau dédicace
Compagnie Puzzle Centre
80 ans d'enseignement à Vierzon
Dédicace George Sand à Bourges
Pôle jeunesse Vierzon
Conférences à Tours
Médiathèque de Vierzon
Double Coeur
Nouveaux tarifs Ciné Lumière
Cours de cinéma en ligne ciclic

(Depuis le début du blog:)










LE SAVEZ-VOUS?
(La réponse s'obtient en cliquant sur les images)

"Parler pour tout dire."

                     
 Ça concerne quoi?



                      C'est quoi, et c'est depuis quand?






COMPLEMENTS, PROGRAMMES, PHOTOS, BANDES ANNONCES,...
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http://cinelumiere-vierzon.info/



Vous n'avez pas manqué de remarquer la rubrique ART ET ESSAI... et le lien
CINE RENCONTRES.







Carte d'adhérent
 Tarif de 5 euros sur présentation de la carte d'adhérent de Ciné-rencontres à la caisse.  (Ce tarif est appliqué uniquement sur les films sélectionnés dans le programme de Ciné-rencontres.)
N'hésitez pas à nous la demander.
Rappel du tarif d'adhésion: 10 euros pour un an (de date à date) avec possibilité d'affilier 2 personnes si on le souhaite pour ce montant (chacune aura sa carte, ce qui revient à 5 euros l'adhésion avec cette option couple" au sens très large: amis, relations,...). 5 euros pour étudiant ou chômeur (possibilité également d'adhésion "couple", ce qui revient alors à 2,50 euros).
Ne vous souciez pas de la date de renouvellement: nous vous contacterons le moment venu. 












Vous pouvez remplir cette fiche chez vous, après l'avoir copiée et collée (par exemple) dans un traitement de texte (Word,...). 


Merci pour votre soutien. 

















Précision utile: les séances Ciné Rencontres sont ouvertes à tous, et pas seulement aux membres de l'association. Même chose pour notre pot d'après débat.







Facile de nous trouver. Il suffit de taper "cinégraphe" sur Google par exemple...
(capture d'écran du 27 septembre 2017).










Tiens... tiens... "abondante et variée"... Et si Ciné Rencontres y était un peu pour quelque chose en fin de compte?...


Autres tarifs au Ciné Lumière: 


Berry républicain 2 décembre 2017



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