samedi 5 mars 2016

SAINT AMOUR

23ème séance avec débat







SAINT AMOUR
Comédie franco belge de Benoît Delépine et Gustave Kervern avec Gérard
Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste... (2016 - 1h41)




VENDREDI 4 MARS (CINE DEBAT)
20H30
agriculture, viticulture, amour, road movie, marginal, père et fils,...



Un film à plusieurs registres plus ou moins réussis. Si certaines séquences font rire, le film est donc réussi. Cependant, comme un bon vin, un film doit laisser un  goût en bouche, une mémoire sensitive allant de l’agréable au sublime sans négliger la contrepartie de sensations négatives selon le sujet traité. Quant à moi,  dans ce film, le traitement des personnes féminins reste invraisemblable, le côté surréaliste est souvent laid voire grotesque et de ce fait me laisse de marbre. Saint Amour et Beaujolais, vins de soif, vins jeunes, légers et innocents ne trouvent pas leur déclinaison ici.
John




Si on accepte le second degré et si on veut bien ne pas confondre grossièreté et vulgarité, on dira que c’est un film profondément délicat, sensible, voire poétique, et, pourquoi pas, quasi religieux sinon mystique. Il est vrai que l’amour qui est présent sous tous ses aspects ou presque au cœur du film peut aller jusqu’à présenter les formes les plus contrastées, même si les plus éthérées ne sont pas toujours les plus visibles dans toutes les séquences.






Mais les voies de la charité ne sont pas toujours impénétrables. Il ne faut pas être surpris, on joue beaucoup de ces doubles sens potaches, limite douteux, bien dans l’esprit groland des dialogues. Même si la surprise est souvent au rendez-vous et est délibérément à mettre au crédit du film. Et de ce point de vue, des références antérieures ont été mentionnées (Bertrand Blier, Marco Ferreri).







Continuons avec les remarques provocatrices, et disons que jamais depuis le Farrebique de Georges Rouquier (1946) compréhension plus profonde de la condition paysanne n’a été filmée avec autant d’empathie. Bon, là d’accord, c’est sans doute pousser le bouchon des comparaisons un peu loin…




Osons proposer que jamais la femme n’a autant exprimé la supériorité naturelle qu’elle exerce sur les pauvres mâles insuffisants et complexés que dans ce film-là. Bref, un film éminemment féministe, où les apprenties Femen s’expriment en toute liberté sans qu’aucune force de répression ne vienne les contrarier. Un monde utopique féministe qui a vu dans le public une adhésion quasi unanime, en net contraste avec les réserves, voire les réprobations catégoriques, de la partie masculine de l’assistance.
S'y exprime la vanité de la gloire, y compris d’acteurs qui se mettent en danger et qui paraissent insouciants de leur image devant les souffrances de la vie. Et là bien sûr on ne peut pas faire l’économie des échos venus de l’autobiographie, d’autant plus que les acteurs ont la bride sur le cou dans ce qui s’apparente à un univers de commedia dell’arte moderne. On les sent heureux de se témoigner mutuellement une solide affection, et ne manquait plus que la compagnie de Jean Carmet pour que la fête fût complète. Mais son ombre, sans aucun doute, planait constamment au-dessus de ces vignes au divin service du vin.





L’amour est polysémique, il se fait tendresse, amitié, solidarité, compassion, compréhension. Une île privilégiée, une utopie humaine, qui survit comme elle peut dans un monde de technocrates monstres froids qu’évoque Solène Rigot en midinette aliénée des médias dominants : On ne réduira jamais la dette, on n’atteindra jamais les 3 pour cent de déficit maximum autorisés !
Et puisqu’on a parlé de charité, si ces femmes servent volontiers leurs causes, elles sont aussi spontanément, au passage, plutôt charitables. Alors effacée la grossièreté, c’est carrément de la préciosité. Tout se métamorphose progressivement,  et les vilains crapauds deviennent tous des princes charmants. Et par la grâce d’un parti pris de cinéma, voilà que ceux qui ne s’aimaient plus, à force de ne pas l’être, se découvrent miraculeusement aimables. Et les miracles remontent sans complexe jusqu’aux sources fécondes de la mythologie grecque. On est carrément à ce stade dans l’Apollon de Bellac de Giraudoux. Toutes ces Vénus s’inventent des Apollons en leur disant qu’ils sont beaux avec leur verbe et leur corps, si bien que la fiction a aussitôt des conséquences bien concrètes dans le monde réel.




C’est donc au final un film de moraliste, qui associe, avec autant de finesse que de tendresse, l’ancien « In vino veritas » au moderne « In vino amor ». On termine ici en retrouvant le titre. CQFD.
Pas tout à fait cependant. Car si vous avez vu le film et que vous lisez ceci, vous ferez aisément la part des choses et vous ne vous laisserez pas prendre aux sophismes de cette critique paradoxale. Mais si vous vous apprêtez à le voir sur la seule foi de ma recommandation, je me sens écrasé par ma responsabilité et je m’empresse d’ajouter que vous n’êtes pas obligés de me croire. Là où je peux voir au sommet des gradations de l’ivresse un amour rabelaisien de la vie, d’autres peuvent rappeler plus prosaïquement que dans son stade ultime il y a tout bêtement l’affreux vomi.





Bienvenue dans les arts grolandais.

Après le film de vendredi, je me suis souvenu d'une visite en 2012 au Musée International des Arts Modeste  (MIAM) de Sète. Très divers et surtout une expo temporaire dirigée par notamment les auteurs de ce  film. Nous étions accueillis par un espèce de Depardieu géant. Je t'envoie quelques photos. A toi de voir si elles sont ou non, dans "l'esprit" publiables...Il y a pire !
JMB















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