lundi 17 février 2020

LE CAS RICHARD JEWELL

24ème séance avec débat







  




LE CAS RICHARD JEWELL

  
Film de Clint Eastwood avec Paul Walter Hauser... (2020 - vost - 2h10)




VENDREDI 21  FEVRIER 2020
20h00

L’incroyable histoire d’un faux coupable aux Etats-Unis.
Sécurité, JO d’Atlanta, attentats, terrorisme, erreur judiciaire,…






En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l'expérience.











Le film (quand notre programme est connu) 
est également présenté sur RADIO TINTOUIN 
avec notre adhérent Jean-Luc aux commandes. 





Horaires des annonces Ciné Rencontres le vendredi:

9h15  12h15  14h15  16h15  17h25
















LE CAS RICHARD JEWELL    ou

«  Les Bons les Brutes et les Méchants » ou mieux encore
    « The Good the Bad and the Ugly »  ugly comme vilain/laid


      La filiation est évidente, Eastwood est élevé au biberon du western. Le mal contre le bien, le mal un sport extrême ou tous les coups sont permis ( «  Million Dollar Baby » ) le bien un espoir de rédemption qui assurera un avenir meilleur en sauvant l'humanité et surtout l'Amérique  ( « Invictus »
« Gran Torino » « Sully » « La Mule » on pourrait en citer d'autres. Quand-même l'Amérique contre tous. « Make America Great again » paradis du « self-made man » pionnier des temps héroïques, un contre tous dans un combat inégal où le bien finira par gagner toujours.
      Interrogé un jour sur ses convictions politiques Eastwood a répondu qu'il se plaçait quelque part entre Milton Friedman et Noam Chomsky....... A méditer.
   Un bon américain évite de répondre à une question avant de consulter son avocat mais avec cette réponse Eastwood ne prend pas de risque, le spectre est large et c'est à chacun de placer son curseur. C'est bien l'ambiguïté du réalisateur qui est encore manifeste dans son nouveau film avec des relents de Michael Moore dans son portrait au vitriol des média américains, sanguinaires à souhait, prêts à tout pour obtenir un «  papier » quitte à se prostituer au propre comme au figuré. Un rouleau compresseur nourri au fiel et aux dollars.
    On pense aussi à Polanski dans « « J'accuse » une justice qui accuse parce qu'elle lui faut un coupable et comme il y a  sous la main un bouc émissaire  parfait, Richard Jewell,  genre de crétin savant psychologiquement fragile, le tour est joué. Dans une traque impitoyable le FBI dont le blason indique « COURAGE FIDELITY (honnêteté) INTEGRITY » la meute aboie, on tient sa proie, la chasse à l'homme est partie. « Wanted dead or alive    un coupable » si ce n'est pas du western ça  lui ressemble beaucoup. Ce n'est par hasard que l'on voit le blason du FBI à deux reprises, la première fois en marchant dessus dans l'entrée des bureaux,  la deuxième fois par transparence dans une vitre mais à l'envers. On piétine la justice, on lui met la tête à l'envers ?
    Mais en Amérique et chez Eastwood les losers peuvent avoir le dernier mot et l'improbable couple formé par Jewell et son avocat incorruptible vaincront, la traque s'arrêtera essoufflée, la vérité triomphera . Une impression de déjà vu, de grosses ficelles par trop évidentes et pourtant le film nous tient en haleine jusqu'à la fin. C'est bien de l'Eastwood pur jus.


     PS   Je sais enfin où placer le curseur mentionné ci-dessus. Eastwood abandonne Trump et soutient MICHAEL BLOOMBERG. Il n'aura pas besoin de contribuer au financement de la campagne. Un dollar est un dollar.
John

     





Qui est aveuglé par quoi ? 
J’avoue que j’ai éprouvé une certaine surprise amusée en entendant Edwige faire état d’un article de l’Humanité critiquant le film Clint Eastwood... qui aurait le grand défaut de critiquer les institutions américaines! Je ne savais pas que l’admiration du modèle américain était dans l’ADN du journal...
Comme il fallait bien trouver une cohérence, j’ai fait l’hypothèse (la seule plausible à première vue et sans avoir lu l’article) qu’il s’agissait surtout de s’en prendre à une tendance excessive à promouvoir l’individualisme, au détriment d’un projet collectif. Et ça, ça l’était plutôt, cohérent.
Mais la lecture de l’article, bien loin d’estomper l’idée d’un paradoxe étonnant, l’a plutôt renforcée. 

Bien sûr le journaliste se souvient des Pentagon papers, mais de là à encenser les institutions et la presse US, la marge est grande. 
D’abord le film de Spielberg montre bien lui aussi qu’on ne peut faire confiance ni dans les institutions ni dans la justice américaine. Il ne serait alors en opposition avec Eastwood que sur le seul terrain de la presse. 
Et là aussi, est-ce si net ? Certes, on a viré Nixon et c’est sûrement quelque chose de progressiste. Mais ce seul épisode, souvent monté en épingle, ne fait pas pour autant dans son ensemble de la presse américaine une presse exemplaire. Je conseille vivement au journaliste de relire Chomsky, par exemple. Il constatera combien cette presse prétendument exemplaire est surtout constamment au service de l’impérialisme américain, ce qui ne devrait pas l’enchanter plus que cela. 
Et si on voulait parler de la télévision… Fox News progressiste ? CNN digne de confiance démocratique ?...  On se souvient – entre autres ! - de la France dépeinte à feu et à sang (en mettant d’ailleurs nos grandes villes n’importe où sur une carte avec des foyers enflammés) avec aucun mort avéré, quand les centaines de morts aux Etats-Unis, dues aux armes à feu en libre accès, sont habituellement passés sous silence. 

Ainsi, ce serait être de droite que d’éprouver une confiance plus que limitée dans les institutions et dans la presse US ? C’est plutôt bizarre de le penser, même chez nous, en plein mouvement des gilets jaunes. 
Quand la gauche fustige en permanence et légitimement la partialité de la justice (le fameux parquet si typiquement français), les violences policières (les enquêtes bidons de la lessiveuse IGPN), la presse sous la coupe de neuf milliardaires (BFMTV en tête de gondole)… J'ajoute tout de suite que je n'ai rien contre l'Humanité, au contraire, l'un des rares journaux encore indépendants en France... avec La Croix

A contrecoeur, Vincent Ostria est contraint de reconnaître que la reconstitution est globalement fidèle à la vérité des faits, et d’ailleurs le générique du film le proclame en revendiquant seulement une liberté de création au service de la dramatisation. 
Ce qui n’empêche pas le journaliste, aussitôt après cet hommage au réalisme, de parler de graves déformations. 
Et de citer notamment les confidences sur l’oreiller (ou presque) de l’agent et de la journaliste. Alors sur ce point, qui pour moi est plutôt anecdotique, on convoque le contexte #MeToo pour crier au machisme et terminer en point d’orgue l’article sur une vision haineuse de l’Amérique ! 
Désolé, notre débat a plutôt permis de mettre l’accent sur le caractère fidèle à ses grands modèles, Sergio Leone, John Ford et Howard Hawks. 
Un monde où les héros sont liés par une solide amitié virile, mais où les personnages féminins ont aussi une personnalité forte et attachante. La mère du faux coupable et la secrétaire de l’avocat, bien sûr. Mais la journaliste elle-même est finalement sauvée par son humanité, après avoir été présentée comme une cynique particulièrement odieuse. 

Plus riche qu’il n’y paraît à première vue, donc, le film d’Eastwood. Et si on part sur le schéma inversé de L’Homme qui tua Liberty Valance de Ford (ici, c’est l’avocat qui vient secourir le spécialiste des armes à feu dans la difficulté), la suite évolue d’une manière à ménager la surprise, une suite inattendue et toujours humaniste. Mais en dire plus serait sans doute divulgâcher…
Ajoutons simplement que tous deux illustrent magistralement et cinématographiquement cette pensée de Pascal : « La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. »
Après Le Photographe de la semaine dernière, qui nous comblait par de l’apaisement à chaque plan, on est comblé ici d’une autre façon par ce film efficace, avec sa forte tension à chaque plan. Et sur ce plan au moins, me voilà en parfait accord avec le critique de l’Humanité. Merci à lui par ailleurs  pour avoir stimulé mon affreux esprit de contradiction.

Aux dernières nouvelles, Clint Eastwood, après avoir soutenu Donald Trump (était-ce tellement mieux de soutenir Hillary Clinton ?...), soutient maintenant le milliardaire Michael Bloomberg, lequel postule contre le « socialiste » Bernie Sanders dans le camp démocrate. 
Voilà qui pourrait relancer le débat, à condition de ne pas s’en tenir à des schémas trop sommaires dans l’analyse de la vie politique américaine. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, et la seule chose certaine, c’est qu’il n’y a là rien de vraiment simple. 
Au final, pour parodier Brassens : Ne jetez pas la pierre à Clint Eastwood, je suis derrière ! 
Au moins sur ce film, car je ne cautionne pas non plus aveuglément tout ce qu’il peut dire ou faire…
Jean-Marie









https://www.20minutes.fr/monde/2724599-20200223-elections-americaines-clint-eastwood-soutient-michael-bloomberg

(Sélection personnelle parmi les commentaires de l'article:)

Ça me dépasse. Qu'un homme comme Clint E. qui a réalisé Gran Torino : empathie avec les minorités asiatiques; le cas Jewel : empathie avec un "petit" employé modèle; Invictus : hommage à Nelson Mandela.; La mule : un vieillard qui pour gagner du fric transporte de la drogue....
Donc que Clint E eastwood ai pu voter pour Trump me laisse perplexe.
Je l'aurais bien vu prendre fait et cause pour Bernie Sanders lui dont les oeuvres sont tellement du côté des petites gens, des sans grade, des mal lotis.


Gran Torino ne montre pas un homme ouvert d'esprit, mais un raciste, acariâtre, qui n'aime personne. Il est par ailleurs pur : aucun péché réel à se reprocher et mort sacrificielle, les bras en croix.
Eastwood n'a pas d'antipathie pour ce personnage. Et le revirement de ce protagoniste se fait sur une thématique qui n'est pas neutre politiquement : il n'accepte de s'ouvrir à ses voisins asiatiques que lorsqu'il se rend compte qu'ils ont affronté le même ennemi, le communisme. Ça ne fait pas de Clint Eastwood une caricature fascisante, bien entendu. Mais ça illustre la distance à laquelle il se tient d'un Bernie Sanders, ou d'un humanisme de gauche.


Concernant Gran Torino, je peux vous donner des contre-exemple : Clint E. lègue sa voiture, ce qu'il a de mieux, au jeune asiatique. De surcroît, à la fin du film, il se fait assassiner volontairement afin que le tireur qui tourmentait le jeune asiatique soit emprisonné. C'est un sacrifice. Il délivre ainsi la famille asiatique de leurs bourreaux. c'est comme si à force de les côtoyer, Clint se questionnait sur ses certitudes.







Découvert plus tard (merci Edwige) un autre son de cloche, dans le même journal:








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Berry républicain 2 décembre 2017



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