dimanche 7 octobre 2018

LE PAPE FRANÇOIS HOMME DE PAROLE

5ème séance avec débat







Notre prochaine AG: 
vendredi 12 octobre


LE PAPE FRANÇOIS  
UN HOMME DE PAROLE
Documentaire franco-italien de Wim Wenders. (1h36)


VENDREDI 5 OCTOBRE 2018  (CINE DEBAT)
20H30



Une communication vaticane pilotée par le grand cinéaste allemand.
Le pape François, ses voyages, ses rencontres, ses questions, ses réponses,…


56] Haec creati contemplatio efficit ut omnium rerum ope quandam doctrinam detegamus, quam nobiscum communicare Deus vult, quia “credenti creatum contemplari est etiam nuntium auscultare, vocem inopinatam
  
56] Cette contemplation de la création nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre, parce que « pour le croyant contempler la création c’est aussi écouter un message, entendre une voix paradoxale et silencieuse ».[
  
     Encyclique      « Audio mundum »    de John qui ne se prend par pour le Pape mais qui comme lui adore l'humour.
  

       « Habemus Papam » la fumée blanche se lève et ce sera François, premier non-européen , premier jésuite et premier Pape nommé François. Nous l'avons écouté, il nous y exhorte inlassablement, nous l'avons entendu et entendu largement la parole de la salle. Blague du Saint-Esprit de mettre à la tête de l'église un tel agitateur d'idées ? Blague aussi de mettre Wim Wenders derrière la caméra avec des images qui laissent autant de traces que les paroles ?

   On évoque tour à tour l'écologie, l'économie, le gaspillage des ressources, la pollution,les migrants, la richesse des uns la pauvreté écrasante des autres et d'autres sujets brûlants plus proches des préoccupations de l'église par exemple son attitude envers l'homosexualité et le fléau des prêtres pédophiles. On dit des choses on ne dit pas tout, on ne peut jamais tout dire et ce documentaire est lissé, toiletté, policé pour être présentable devant un large public.

     Quand devant les grands de ce monde Le Pape s'exprime tout le monde l'entend mais entendre n'est pas faire et on aimerait tant savoir le contenu du message que le pape a glissé dans son enveloppe blanche dans une fente du mur des lamentations. Etait-ce une protestation contre la décision du Knesset le 18 juillet 2018 ?

L’adoption cette nuit par la Knesset (le parlement israélien) de la loi sur « l’État-nation du peuple juif » est un événement majeur : c’est une loi « fondamentale » (l’équivalent de la constitution), et le vote, précipité ces derniers jours, survient aux termes de 7 ans de débat au cours desquels le président israélien s’est lui-même opposé au gouvernement.
Cette loi comporte plusieurs aspects d’une gravité exceptionnelle :
                  Elle officialise l’État d’apartheid en Israël même, en affirmant l’inégalité des droits de ses citoyens palestiniens arabes par rapport aux citoyens juifs : rétrogradation du statut de la langue arabe, possibilité de réserver des localités aux seuls citoyens juifs, droit à l’autodétermination réservé au seul « peuple juif ».
                  Elle foule aux pieds les dispositions du « plan de partage » définies par la résolution 181 de l’Onu, acceptée par Israël (de même que la résolution 194 sur le retour des réfugiés palestiniens) comme condition de son admission à l’ONU.
                  Elle met en danger les citoyens juifs dans le monde entier, en en faisant les parties prenantes de son projet suprémaciste et colonial : c’est un danger qui a été bien vu par 14 organisations juives américaines qui appellent à s’opposer à cette loi.
                  Elle officialise l’annexion de Jérusalem (y compris Jérusalem Est) ; elle cite dès la première ligne la « terre d’Israël » en même temps que l’« État d’Israël », renforçant l’ambiguïté sur ses frontières, qui n’ont toujours pas été définies ! Dans ce contexte, la phrase qui définit l’« implantation juive » comme une « valeur nationale » est lourde de menaces en termes systématisation de la politique d’annexion, de colonisation, de vols de terres, comme aujourd’hui à Khan Al-Ahmar.
Tout autre État adoptant ce type de loi fondamentale aurait été immédiatement mis au ban des nations. Dans le cas présent, seul l’ambassadeur de l’Union européenne, bien isolé, a fait publiquement entendre sa voix.
Lorsque le droit international et les résolutions de l’ONU sont ouvertement violées par une loi fondamentale, lorsque des conceptions racistes et suprémacistes entrent dans la constitution, lorsque l’apartheid est érigé en système, il faut réagir.


     OUI IL FAUT ECOUTER, ENTENDRE ET REAGIR     merci François.
John



Un dialogue / une rencontre (livre présenté par John en introduction de la séance):






François Ruffin : Je ne pense pas être un homme de paix, mais un homme de combat. Mon discours est relativement belliciste. Quand on parle de paix, j'ai souvent l'impression que c'est d'une fausse paix qu'il s'agit : la paix des puissants, le silence qu'on voudrait nous imposer.




On avait ce soir-là un public qui était dans son ensemble assez différent de notre public habituel, thème de la soirée oblige. Cependant, on a pu constater que des ponts ont été aisément trouvés, en jouant sur la polysémie de certains mots-clés. Ainsi, John a eu la surprise de s’entendre expliquer qu’on pouvait considérer d’un certain point de vue qu’il avait conduit des générations d’élèves vers une manière d’accomplissement qu’on pouvait bien appeler « sainteté », à la manière d’un monsieur Jourdain (à l’insu de son plein gré) bien entendu. 

A un autre moment, c’est le mot de « rencontres », valorisé, qui a retenti, non sans trouver immédiatement des échos favorables dans une association qui s’appelle justement Ciné Rencontres. 
Ces remarques sont d’ailleurs venues de deux prêtres présents, et il faut noter que nous nous félicitons toujours de rencontrer dans nos débats des personnes particulièrement concernées par le thème de la soirée, ils sont faits pour cela. C’est l’occasion de remarquer a posteriori que nous aurions bien aimé avoir davantage de professionnels de santé présents pour nos films précédents sur les études de médecine ou la formation des infirmières, le contexte actuel de notre hôpital et tous les efforts louables effectués pour diffuser des messages militants auraient trouvé là une caisse de résonance bienvenue parmi plusieurs autres que l’on s’efforce de faire vivre avec beaucoup d’imagination. En l’occurrence, c’était aussi logique que facile. Mais bon, il y aura d’autres occasions…

Pour revenir au film, on a pu se demander ce qui avait bien pu motiver cette étrange alliance de Wim Wenders et du Vatican. Retour à un intérêt pour le catholicisme dans lequel ses parents l'ont d'abord élevé, au point qu'à un moment, avant de se tourner résolument vers les études de cinéma, il a envisagé de devenir prêtre?...

Mais comme l’a dit l’un des participants, c’est moins l’institution que l’homme singulier qui était présentée. D’ailleurs le film le montre en relation bien plus étroite avec son saint patron du moyen-âge qu’avec les ecclésiastiques de la hiérarchie vaticane qui l’entourent. 

D’une manière générale, cette distance critique vis-à-vis de l’institution elle-même était assez largement partagée par le public. A juste titre, les jeunes présents ont été invités à s’exprimer, ce qu’ils ont fait largement et avec pertinence, à l’exception notable des jeunes filles, malgré l’injonction du pape disant : « Il faut intégrer les femmes ». Intention certes louable dans son fond, mais critiquable dans sa forme ! Et les réactions ne se sont pas fait attendre : Nous n’avons pas besoin d’être intégrées, et si c’était le cas, on ne demanderait pas la permission aux hommes pour le faire. Et toc, François ! 

Même limite sur les homosexuels : la question délicate dans l’avion a été posée et présentée, mais on a coupé prudemment avant la psychiatrisation des enfants qui a agité récemment le monde médiatique. 

Ce que recherchait Wim Wenders dans cette entreprise ? La rencontre d’une personne singulière et exceptionnelle qu’on ne rencontre pas habituellement et dont on cherche à sonder la part d’humanité profonde qu’elle recèle, parfois en prenant le point de vue au moins métaphorique de la transcendance (Les Ailes du désir) et en le suivant dans des territoires proches ou lointains où se jouent des drames humains parfois insoutenables (ici les migrants, ailleurs les massacres du Rwanda avec le photographe Sebastião Salgado dans Le sel de la terre). Palme d'Or 1984 à Cannes, le film Paris Texas, d'une autre manière, mettait bien en scène lui-aussi des rencontres problématiques.








Reste l’improbable réception de certains mots comme « parole » ou « révolution ». Là, le grand écart était visiblement trop grand entre ceux qui y voyaient une force efficace et ceux qui en voyaient surtout les limites. D’ailleurs le film s’interroge : les paroles sont ses seules armes, et que valent ces armes dans le monde moderne. Le Pape combien de divisions ? demandait Staline au sinistre Pierre Laval. En regard du film précédent sur la Révolution (Le peuple et son roi) on peut s’interroger sur l’efficacité qui consiste à dresser un constat aussi virulent que lucide, tout en s’arrêtant au seuil des moyens qui seraient susceptibles de changer l’ordre des choses existant. Pas de violence, donner l’exemple, fustiger par la parole ?… On sait le bien peu d’efficacité de ces recettes sur nos très cyniques despotes modernes. On pense parfois à la chanson de Dalida avec l’accent italien : Paroles paroles… 

Mais comme toujours à Ciné Rencontres les divergences potentielles n’ont jamais tourné en conflit ouvert. Nul risque de réactiver les guerres de religion entre catholiques et protestants - même si on a échangé quelques arguments -, ni même avec les athée, le pape ayant eu la bonne idée d’englober tout le monde dans « le même amour ». 

Restera au moins en acquis commun ce toujours utile appel à la paix plutôt qu’à la guerre, ainsi que la phrase finale des Mots du fort peu religieux Jean-Paul Sartre : « Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui. » Voilà qui est bien dans la droite ligne de Saint-François d’Assise. 




Saint François d'Assise est considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux. C'est la raison pour laquelle sa ville natale a été choisie par Jean-Paul II comme siège de la journée mondiale de prière en 1986. Cette journée a été suivie d'autres journées de prière connues sous le nom de rencontres d'Assise. Le pape actuel de l'Église de Rome a pris le nom de François en signe de pauvreté, d'espérance et soumission à Dieu.
(Wikipédia)



On sait que dans certaines circonstances la parole vaut action, en bienl comme en mal, d’ailleurs. 
On peut aussi s’interroger sur le sens du sous-titre. Le sens immédiat en français, ce serait : un homme qui tient parole, qui respecte sa parole une fois qu’il l’a donnée. Mais quelles seraient en ce cas les promesses précises du pape?... 
Un homme qui serait parole, qui ne serait que parole (s). 
Pour Wenders, la cause paraît entendue : ce serait, pour lui, un homme dont la parole compte, qui est entendu à peu près partout dans le monde, des peuples comme des puissants. 

Parole ou paroles, au fait ?... Le choix du singulier est-il significatif ? Le singulier a évidemment plus de poids, le pluriel ferait plus dispersé.
Je me suis aussi interrogé sur le sens du possessif dans les titres anglais (Pope Francis: A Man of His Word) et allemand (Papst Franziskus – Ein Mann seines Wortes). Je voulais demander à John au moins pour l’anglais, et puis j’ai oublié (mais l’occasion se représentera…). Y a-t-il là l’expression d’une nuance, ou est-ce la même chose ?

On peut lire sur un site allemand : 

Auch für Nicht-Christen geeignet
„Papst Franziskus – Ein Mann seines Wortes“ ist ein Film, der nicht nur Christen begeistern wird.

Convient également aux non-chrétiens
"Le pape François - Un homme de parole" est un film qui ne parlera pas seulement aux chrétiens. En 96 minutes captivantes, le réalisateur Wim Wenders exprime ce que représente le pape argentin aux racines italiennes.

Pour ceux qui connaissent déjà le pape, ses idées et ses convictions se rappellent à nouveau avec des images saisissantes et des citations convaincantes. Ceux qui ne le connaissent pas rencontreront le pape François dans un contexte émotionnel.

J’ai aussi rencontré (mot qui décidement revient souvent avec ce film), l'expression sans le possessif : un auteur est ainsi présenté « als Mann des Wortes », « en tant qu'homme de lettres». 
Mais ça, appliqué au pape, ce serait une autre histoire…


Ce hasard de notre programmation n'a pas échappé à Edwige qui a eu la présence d'esprit de le faire remarquer lors du débat: 



Charlie Hebdo 19 septembre 2018










Expression iconographique d'un point de vie iconoclaste...






Canard enchainé 3 octobre 2018
(dessins de René Pétillon, qui vient de mourir à l'âge de 72 ans)


Et pour ne pas oublier...

N’hésitez pas à visiter la page de l’actualité du mois,
 qui concerne :

Université populaire du Pays de Vierzon
Café repaire
Médiathèque Vierzon
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Nouveaux tarifs Ciné Lumière
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http://cinelumiere-vierzon.info/



Vous n'avez pas manqué de remarquer la rubrique ART ET ESSAI... et le lien
CINE RENCONTRES.







Carte d'adhérent
 Tarif de 5 euros sur présentation de la carte d'adhérent de Ciné-rencontres à la caisse.  (Ce tarif est appliqué uniquement sur les films sélectionnés dans le programme de Ciné-rencontres.)
N'hésitez pas à nous la demander.
Rappel du tarif d'adhésion: 10 euros pour un an (de date à date) avec possibilité d'affilier 2 personnes si on le souhaite pour ce montant (chacune aura sa carte, ce qui revient à 5 euros l'adhésion avec cette option couple" au sens très large: amis, relations,...). 5 euros pour étudiant ou chômeur (possibilité également d'adhésion "couple", ce qui revient alors à 2,50 euros).
Ne vous souciez pas de la date de renouvellement: nous vous contacterons le moment venu. 












Vous pouvez remplir cette fiche chez vous, après l'avoir copiée et collée (par exemple) dans un traitement de texte (Word,...). 


Merci pour votre soutien. 

















Précision utile: les séances Ciné Rencontres sont ouvertes à tous, et pas seulement aux membres de l'association. Même chose pour notre pot d'après débat.







Facile de nous trouver. Il suffit de taper "cinégraphe" sur Google par exemple...
(capture d'écran du 27 septembre 2017).










Tiens... tiens... "abondante et variée"... Et si Ciné Rencontres y était un peu pour quelque chose en fin de compte?...


Autres tarifs au Ciné Lumière: 


Berry républicain 2 décembre 2017



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