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| séance avec débat |
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https://cinegraphe.blogspot.com/2015/03/commentaire-mode-demploi.html#more
Notre blog a été créé les 24 septembre 2013, soit 5 mois
après la projection du film d’Olivier Azam Grandpuits & petites victoires.
Cependant nous y faisons référence à l’occasion de la pojection du film La saga
des Conti :
samedi 12 octobre 2013
La manière dont Jérôme Palteau se révèle en rendant
compte de ce combat ouvrier n’est pas sans rappeler aux habitués des soirées
Ciné-Rencontres le film d’Olivier Azam Grandpuits petites victoires présenté
au Ciné-Lumière le 12 avril 2013.
HOWARD ZINN
UNE
HISTOIRE POPULAIRE AMERICAINE
VENDREDI 12 JUIN 2015
20H30
SOIREE DEBAT
Film documentaire français de Olivier Azam et
Daniel Mermet. (2014 - 1h46)
Avec l’énorme succès de son livre Une histoire populaire des
Etats-Unis,
Howard Zinn a changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Howard
Zinn parle de ceux qui ne parlent pas dans l’histoire officielle, les esclaves,
les Indiens, les déserteurs, les ouvrières du textile, les syndicalistes et
tous
les inaperçus en lutte pour briser leurs chaînes.
Ce documentaire militant constitue non seulement un
antidote contre l’oubli,
mais il offre aussi les clés de compréhension du
système capitaliste...
Il « questionne ainsi les fondements de la nation
américaine [et,] en écho aux premiers mots du préambule de la Constitution des
États-Unis, We, the People (Nous, le Peuple), s'interroge: de quel peuple
écrit-on l'histoire ? ».
Il y a aura une suite, et on aura sûrement droit à des compléments sur la Seconde guerre mondiale. Suivra-t-on alors l’ensemble des causalités complexes qui caractérisent les trois conflits franco-allemands successifs depuis 1870 jusqu’en 1945 ? Faute d’une telle continuité, on se condamne à des simplification qui condamnent à ne rien comprendre. En histoire, la synchronie c’est bien, mais elle est vaine si elle se prive de sa substance diachronique.
Compléments
Parmi les mérites du film : des archives
apparemment inédites et dont la diffusion reste ailleurs plus que
problématique. Evidemment, le point de vue des « vaincus » plutôt que des «
vainqueurs » est le mérite principal. Avec un effet Germinal assumé : de
défaite en défaite, de répression en répression, la prise de conscience
progresse et la tâche des exploiteurs s’en trouve compliquée. C’est un des
messages optimistes du film.
Pour retrouver les pages concernées:
L'intérêt de disposer d'un espace assez vaste dans un blog, c'est de pouvoir d'offrir à loisir le luxe, soit d'approfondir (version bienveillante), soit de couper les cheveux en quatre (version un peu moins bienveillante).
Ainsi, en ce qui concerne le titre, si on compare sa version anglaise à sa version française, on constate que la langue anglaise paraît bénéficier d'une plus grande souplesse dans ses déterminations, disposant pour les compléments du nom à la fois du génitif saxon et de la construction prépositionnelle.
Si bien que A people’s history of the United States n'est pas exactement équivalent à Une histoire populaire de l'Amérique. En effet le génitif saxon permet à l’anglais de conserver une détermination du mot « histoire » par deux substantifs, de mettre le mot « histoire » en facteur commun, là où le français est quasi obligé de recourir à un adjectif, ce qui modifie sensiblement le sens : Histoire populaire n’a pas exactement les mêmes connotations que Histoire du peuple. Par ailleurs on ne saurait écrite efficacement : Histoire du peuple de l'Amérique. À quoi se rattacherait le dernier complément : à « Histoire » (Histoire de l'Amérique) ou serait-ce à « peuple » (peuple de l'Amérique) ?...
Dans tous les cas, une ambiguïté reste non levée, celle concernant la question de l’objet et du sujet. Une histoire du peuple peut s'interpréter comme une histoire sur le peuple (qui parle du peuple), ou d’une histoire par le peuple (racontée par le peuple, écrite par le peuple).
Cela peut avoir son importance si on cherche à déterminer le sens exact de la célèbre phrase attribuée à Howard Zinn, et qui peut bien être apocryphe. Je n'ai pas fait de recherches très approfondies, mais j'avoue que je n'ai pas trouvé la source de cette phrase qui est très souvent reproduite. Jusqu’ici, je ne vois pas qu’elle figure dans le livre même d’Howard Zinn.
Il existe en effet plusieurs versions de sa phrase animalière. L’une, qui est souvent mise en avant dans les textes de présentation du film, est écrite au passé : « Tant que les lapins n'avaient pas d'historiens, l'histoire était racontée par les chasseurs. » Et l'autre, qui figure sur l'affiche, est au futur : « Tant que les lapins n'auront pas d'historiens, l'histoire sera racontée par les chasseurs. » La première version paraît plus optimiste, en ce sens qu'elle sous-entend que, maintenant, les lapins ont des historiens. Illusion sans doute, on le verra.
Remarquons que si on humanise résolument les éléments de la métaphore, et bien sûr on y est fortement incités, à l’imitation de La Fontaine dans sa fable « À Monseigneur le Dauphin » :
« Tout parle en mon Ouvrage, et même les Poissons :
Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes.
Je me sers d'Animaux pour instruire les Hommes. »,
force est de constater alors que les lapins (c'est-à-dire les dominés) ont bien, dans de nombreux cas, raconté leur histoire de leur point de vue. Et même, que l'histoire des dominés a aussi été racontée, dans un sens favorable à ces derniers, par des historiens appartenant eux-mêmes à la classe dominante et ayant pignon sur rue (peut-être une différence entre la France et les Etats-Unis). Ainsi, au générique du film, on trouve le nom de Gérard Mordillat. On aurait pu en avoir d’autres, comme Jacques Rancière par exemple.
Ce que semble vouloir dire Howard Zinn, c'est qu’il ne suffit pas de raconter et d'avoir l'existence d'un récit en sa faveur, mais encore faut-il que le point de vue qui préside à ce récit soit suffisamment diffusé - « populaire » - pour avoir une existence concrète, susceptible de toucher efficacement l'opinion publique. Il y a des ouvrages qui existent, mais qui restent limités à une diffusion restreinte, dans un cercle lui-même restreint. On peut dire, dans ce cas-là, que l'histoire des lapins, bien qu’elle existe, n’a pas d'existence réelle.
Avec un contenu aussi foisonnant en archives, et certaines sont difficilement oubliables tellement elles se situent au-delà du soutenable – je pense notamment au sort des noirs, traités de façons horriblement inhumaines par des humains présentés comme ordinaires - , de nombreuses réactions n’ont pas manqué de se produire. Par exemple, celle de cette dame, tellement concernée par le film qu’elle alla jusqu'à dire que la culture américaine n'existe pas.
Pour ma part, je rajouterai encore deux choses, l'une concernant les points de vue limités qui sont diffusés par les médias dominants à l'intérieur des frontières de chaque pays. Ainsi du thème récurrent, en France, des « Gaulois réfractaires » : il n'y aurait que nous pour contester les pouvoirs en place avec cette intensité, alors qu’il suffit de suivre quelques-unes des chaînes étrangères de nos voisins européens, ou d'autres pays plus lointains, pour se rendre compte que cela n’a rien du tout d'exceptionnel. Ainsi les grèves en Allemagne, pays pourtant souvent donné comme modèle de tranquillité de ce point de vue, ou comme la difficulté de former des coalitions gouvernementales stables à la suite de compromis entre adversaires politiques, alors qu’en l'Allemagne encore, on met beaucoup de temps pour en constituer, et que leur efficacité est souvent battue en brèche. Sans compter qu'elle n'empêche en rien la montée générale d'une extrême droite menaçante, ce qui n’est pas sans rappeler une des thématiques principales du film. Une séquence est particulièrement marquante pour moi à ce sujet : c'est celle où on voit les nazis en action dans une perspective qui se veut sociale, déclarant fièrement que la soupe populaire dispensée est suffisamment abondante puisqu'elle est réservée aux vrais Allemands et qu’elle ne se partage pas avec les autres. Le film nous montre que, contrairement à une idée répandue, les mouvements sociaux en France ont aussi leurs pendants de l’autre côté de l’Atlantique.
En ce qui concerne le fait de cacher des informations, ou de garder occultés des faits historiques pourtant importants pour la compréhension de notre époque, sans surprise, je mentionnerai chez nous la Commune de Paris de 1871, qui n'a pourtant rien d'anodin. C’est en effet la dernière prise de pouvoir sur grande échelle par le peuple, et le dernier massacre de masse, lequel peut s'apparenter à un véritable génocide social. Paradoxe : alors que cet événement fait l’objet d’une publication abondante par les spécialistes, ildemeure ignoré du grand public, du fait de l’occultation volontaire de la part des grands médias comme de l’institution scolaire. Il est donc ignoré de la quasi-totalité des élèves et de la grande majorité de leurs parents, alors que tous, en tant que citoyens, seront, dans un avenir plus ou moins proche, appelés à voter en toute connaissance de cause. Les « lapins » communards ont bien leurs historiens, mais leur histoire est tout simplement mise sous le tapis - « swept under the carpet », comme on dit dans le film - par les « chasseurs » de notre temps.
Jean-Marie
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