samedi 16 septembre 2017

LE REDOUTABLE

3ème séance avec débat








LE REDOUTABLE
Comédie, biopic avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo... (1h42)


     Présenté  à Cannes.


VENDREDI 15 SEPTEMBRE 2017 (CINE DEBAT)
20H30 




Une interprétation cinématographique subjective du grand cinéaste atypique Jean-Luc Godard. 
Jean-Luc Godard cinéaste et personnage - artiste, muse et égérie - mai 68, maoïsme et Nouvelle Vague - vedettariat et intimité,…




Mise en Abîme .
En entrant dans le cinéma.
En entrant dans la salle de cinéma chaque spectateur rejoint en quelque sorte le film "Redoutable" et par filiation le cinéma de Godard. Dans le biopic sur Jean-Luc Godard c'est une société française en pleine crise en 1968 qui sert d'ancrage, de référence chronologique. Cependant les multiples clins d'oeil à d'autres temps et d'autres films plongent le cinéphile dans un labyrinthe sonore et visuel parfaitement orchestré qui dérange et déroute. Quand le plan est niché dans le plan, quand les sous-titres ne correspondent pas du tout aux dialogues ( à voir ), quand le cinéphile regarde les spectateurs qui regardent d'autres films, tout un chacun est amené à se poser la question de sa présence dans la salle.
Quant à moi comme après un bon repas je pars avec un souvenir de mille saveurs, mille mélanges, des images rémanentes qui m'invitent à pousser au plus vite à nouveau les portes d'une salle de cinéma .
JOHN


Exceptionnellement, Edwige n'a pu être parmi nous ce soir-là. Elle a profité d'une séance de rattrapage: 

Bonjour,
je suis allée voir le film "le redoutable" hier soir.
j'ai beaucoup aimé ce film qui décline avec beaucoup d'efficacité : 
- plusieurs sujets traités parallèlement de très belle manière : son histoire d'amour avec Anne, son engagement, les difficultés de mettre en accord son idéal et ses actes, 
- un très bon jeu des acteurs
- les costumes et l'atmosphère des années 60 très bien reproduit (les affiches, les revues lues par Anne, la couleur et l'ambiance dans les rues).
- toutes les petites touches qui ajoutent plein de symboles et d'illustrations au scénario et aux dialogues avec souvent beaucoup d'humour (les slogans écrits sur les murs, les titres des livres lus par les protagonistes...)
un film à conseiller - on ne comprend pas pourquoi il n'a pas été suivi par les critiques. 
cordialement
Edwige



Qu’est-ce que vous faites, le public, quest-ce que vous faites, les gens? On dirait que le nom de Jean-Luc Godard à l’affiche a été synonyme de fuite devant l’écran, alors que ça aurait dû être tout le contraire. Qu’est ce qu’ on a appris ? Zéro spectateurs mercredi! Et qu’est-ce qu’on a constaté? Un public Ciné Rencontres à son étiage le plus bas, autour d’une petite vingtaine.  Que Godard en fasse fuir certains, soit. Mais au moins  que se manifeste symétriquement l’immense foule de ceux qu’il attire ! 
Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est dû à la crainte que le réalisateur ne soit pas digne de son illustre sujet. Hazanavicius passe ici son brevet de godardisme haut la main, bien aidé, il est vrai, par une prestation époustouflante de Louis Garrel, lui-même bien épaulé par ses partenaires toujours au niveau. « Je suis un autiste de cas niveau », plaisantait Godard avec sa coquetterie d’autodérision habituelle. Mais revenons au sujet qui motive ma précipitation à intervenir ici après la projection d’hier soir. Il ne faut pas hésiter, il ne faut pas passer à côté de ce film. C’est un film important et jubilatoire, exemplaire de notre créneau cinématographique, nous, les cinéphiles de Ciné Rencontres. On a dû reconnaître qu’on passait souvent des films de qualité mais un peu  - parfois plus qu’un peu - plombants. Or celui-ci est de qualité et plein d’humour, il permet de passer un bon moment dans une atmosphère qui transpire l’intelligence. Que faut-il de plus ?

Sans faire exactement du Godard, Michel Hazanavicius pétrit la pâte godardienne à la manière d’un Godard qui aurait accepté de faire un minimum de concessions à l’esprit du temps, lequel ne se confond certes pas avec la modernité issue de Baudelaire, modernité qui fut toujours pour Godard une valeur et une méthode. Mais nulle trahison, je vous l’assure, et au contraire rarement public a été davantage respecté et choyé qu’avec ce film-là. 

Rappel.
Paradoxalement (mais à juste titre): l'illustration d'appel de notre programme était consacrée à Godard.





Une contribution de Soraya:



Je viens d’aller voir le dernier film d’Hazanavicius «  Le redoutable », vision du réalisateur sur « Godard ». 
Je me suis présentée à la caisse en disant « Godard ».
Rentrée dans la salle, j’ai vu que nous n’étions qu’une toute petite poignée dans le cadre d’un ciné débat.
Je m’attendais à une salle pleine, et les quelques personnes présentes ont annoncé que lors de  la séance de la veille, la salle était vide…
Qui est «  Godard »? Pour faire cet effet là….!
Je ne suis pas «  très » cinéphile, mais je sais que certains films m’ont marquée à jamais.
J’ai vu « A bout de souffle » il y a bien longtemps et j’avoue que, de mon inculture, il ne reste que la photo dans la rue de Jean Seberg et Belmondo (superbe photo noir et blanc).
Le terme « Nouvelle Vague » m’avait paru pompeux et ma vision du cinéma me paraissait pervertie par l’idée que juste une élite intellectuelle (à laquelle je n’appartenais pas) pouvait comprendre le film.
Bon…pourquoi pas ? Mais je ne désespérais pas, et ces interrogations sur Godard persistaient.
D’où ma place au cinéma ce soir-là, pour essayer de comprendre à l’aide du regard d’un autre.
Eh bien, me voici devenue godardienne.
Le film est extraordinaire, pleins d’inventions «  à la Godard », en fait au style Godard. C’est un bel hommage au cinéma, à la poésie. J’avais déjà ressenti cela dans d’autres films : j’aime beaucoup les films de Krzysztof Kieślowski.
Ce que je comprends, c’est que le cinéma reste du cinéma, comme la photo reste de la photo. Tout cela n’est pas la vraie vie, mais ce sont des instruments de rêve, de réflexions, des soupapes, des exutoires, et surtout ce sont des espaces de liberté intellectuelle.
Et dans cette vraie vie, on vit d'abord dans sa tête, alors si on ne s’autorise pas à penser, eh bien j’estime qu’on est mort.
Il y a donc les « Godard » et les « anti-Godard ». Hazanavicius est un « Godard » et une majorité de ceux qui ont « boudé » son film sont des « anti-Godard ».
Je trouve courageux le réalisateur d’avoir traité ce sujet, car le risque est gros. La critique n’est pas positive, faire renaître un «  Godard » aujourd'hui, où la pensée doit être canalisée, est trop risqué. 
Et manifestement la propagande fonctionne puisque les salles sont vides…
Donc si j’ai un conseil à donner, allez voir ce film, il ouvre des perspectives à l’art à l’image, les plans sont sublimes, les performances d’acteurs sont extraordinaires (Louis Garrel est en immersion totale), et pour ma vision de l’art et de la photo, cela m’a apporté certaines réflexions que je partagerai dans un autre article.
Donc, merci à Hazanavicius, et bien sûr à Godard !!!!












C'est sans doute mon film de Godard préféré. Et dire que je n'en ai même pas parlé pendant le débat...






Le libéralisme en marche?... Drôlement prémonitoire, Jacques Mandelbaum. 






On trouve sur Internet plein de vidéos sur God... pardon, sur Godard. Sélection:


La plus profonde
Pardonnez-moi - L'interview de Jean-Luc Godard en marge de Cannes L’adieu au langage


Godard superstar - Stupéfiant ! Avec Léa Salamé, sur le film d’Hazanavicius, et, à la fin, une équipe qui a retrouvé Godard en Suisse.


Jean-Luc Godard et Anna Karina, vingt ans après (leur séparation en 1965) - Archive INA - Archive INA Bains de minuit Anna K quitte le plateau.


L’interview la plus émouvante pour moi, en 1987, avec Anna Karina, malgré, - ou favorisée par - l’obscénité de Thierry Ardisson (Lunettes noires pour nuit blanche) :



HASARD TRAGIQUE (moins d'un mois après le film):




 De Catherine:
Au sujet du Redoutable, un nouveau vidéaste YouTubeur que je viens de découvrir :






Voir aussi PAUSE CRITIQUE de décembre 2017:






Et pour ne pas oublier...

N’hésitez pas à visiter la page de l’actualité du mois,
 qui concerne :

L'Université populaire du Pays de Vierzon
Cinéma et psychanalyse Châteauroux
Nicolas Vannier au Ciné Lumière dimanche 17


https://cinegraphe.blogspot.fr/2017/09/actu-sept-17.html





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Carte d'adhérent.
NOUVEAU. Tarif de 5 euros sur présentation de la carte d'adhérent de Ciné-rencontres à la caisse.  (Ce tarif est appliqué uniquement sur les films sélectionnés dans le programme de Ciné-rencontres.)
N'hésitez pas à nous la demander.
Rappel du tarif d'adhésion: 10 euros pour un an (de date à date) avec possibilité d'affilier 2 personnes si on le souhaite pour ce montant (chacune aura sa carte, ce qui revient à 5 euros l'adhésion avec cette option couple" au sens très large: amis, relations,...). 5 euros pour étudiant ou chômeur (possibilité également d'adhésion "couple", ce qui revient alors à 2,50 euros).
Ne vous souciez pas de la date de renouvellement: nous vous contacterons le moment venu. 












Vous pouvez remplir cette fiche chez vous, après l'avoir copiée et collée (par exemple) dans un traitement de texte (Word,...). 


Merci pour votre soutien. 

















Précision utile: les séances Ciné Rencontres sont ouvertes à tous, et pas seulement aux membres de l'association. Même chose pour notre pot d'après débat.




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