prend corps qui passionne et touche très profondément. »
LE FIGARO
Contes de la folie ordinaire
DOCUMENTAIRE « À ciel ouvert », de Mariana Otero, sur les
jeunes handicapés mentaux d'un institut médico-pédagogique.
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
Des enfants Des
adultes Des bâtiments silencieux, dans la nuit On s'approche tranquillement du
domaine du Courtil, comme pour s'apprivoiser C'est que l'endroit est étonnant
Mariana Otero, réalisatrice du documentaire A ciel ouvert, a passe plus d'un an
de préparation, et trois mois de tournage, dans cet institut médico-pédagogique
pour handicapes mentaux, créé par le psychiatre et psychanalyste Alexandre
Stevens, et installe depuis trente ans à la frontière franco-belge.
Dialogue informel et profond
Les choses s'éclairent dans le va-et-vient entre les uns et
les autres On s'attache aux enfants, et les observations des adultes (par
exemple l'absence de limites comme signe de psychose) transforment peu a peu
cette sympathie en attention précise, en bienveillance active, attitude qui est
celle des thérapeutes du Courtil « Jour après jour, ils essaient de comprendre
l'énigme que représente chaque enfant, et inventent, au cas par cas, sans
jamais rien imposer, des solutions qui les aideront a vivre apaises », résume
Mariana Otero Tout au long de ce dialogue informel et profond, on se trouve
confronte au mystère de la personne, de chaque personne, acceptée
inconditionnellement dans ce qu'elle a d'unique Un exercice de vie et de
liberté exceptionnel
LE NOUVEL OBSERVATEUR
LA CRITIQUE DE PASCAL MERIGEAU
ENFANTS EN MORCEAUX

Donc, au début, on
ne comprend pas la raison d'être de cet atelier musical où il ne s'agit pas
d'apprendre la musique ou le chant aux enfants. On ne voit pas quels
enseignements les adultes qui jouent et mettent en scène peuvent en retirer. De
même pour ces séances de cuisine auxquelles est conviée la petite Alysson,
cette gamine dont un intervenant dit que « son inconscient est à ciel ouvert»,
qui « voit son corps en morceaux» et confesse avoir dans la tête « des mot s de
sexe ». Pour qu'une lumière s'allume, il faut que les adultes, qui sont riches
d'un savoir et d'une expérience étrangers au spectateur, commencent eux-mêmes à
comprendre et qu'entre eux ils parlent : sujet a des crises depilepsie qui le
précipitent à terre, E vanne ponctue les say nettes qu'il lui est demande de
jouer par une chute brutale ; un garçon qui affirme avoir « le sommeil cassé»
se révèle incapable soudain de mettre sa tartine en bouche, se fâche contre ce
qu'il appelle son tremblement, dont il explique qu'il lui est arrivé de le
maîtriser en s'adressant à lui « comme à un Anglais », et lorsque
l'intervenante prononce trois mots d'anglais il parvient enfin à accomplir son
geste. Les enfants se nomment Alysson, Evanne, Méghane, Logan, Jean-Hughes ou
Amina, les intervenants ont nom Marie, Véronique ou Camille, tous se
rencontrent devant la caméra d'une cinéaste dont la présence, peu à peu,
s'impose comme un élément de la vie au Courtil, cette institution créée en
Belgique il y a trente ans, comme une donnée prise en compte par ces gamins
qui, pour certains, n'avaient jusqu'alors pas conscience de leur existence
propre.
LA CROIX
Au-delà des apparences
Après Entre nos mains, Mariana Otero livre un
documentaire passionnant, dont La Croix est partenaire, sur le
fonctionnement d'un centre pour enfants psychotiques.
En 2010, Mariana
Otero avait filmé la tentative de reprise par des ouvrières du textile de leur
usine en difficulté. De cette aventure, elle avait tiré un très beau
documentaire, Entre nos mains, nommé aux Césars. Trois ans après cette
expérience marquante, la documentariste revient avec un projet très différent,
mais reste toujours aussi attentive à ce qu'elle révèle de ceux qu'elle filme.
A ciel ouvert offre une plongée subtile et pleine d'enseignements au coeur d'un
établissement accueillant, à quelques kilomètres de la métropole lilloise, des
enfants psychotiques, atteints de troubles psychiques plus ou moins sévères.
Situé tout près de la frontière, en Belgique, à Leers, Le Courtil, édifié il y
a trente ans dans un ancien corps de ferme, fut, pendant une année de repérages
et trois mois de tournage, le lieu d'une rencontre unique entre la cinéaste et
ces enfants - Alysson, Evanne, Amina, Jean-Hugues... -, avec la coopération
active des adultes qui les entourent chaque jour.
Produit par Denis
Freyd, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne, le documentaire que signe
Mariana Otero est une oeuvre forte, qui s'interroge sur le regard mais aussi
sur la place que certaines institutions sont encore capables de réserver aux
individus les plus démunis, dans un monde toujours plus normatif.
PAROLES
MARIANA OTERO
Documentariste
« Je devais travailler seule »
« J'ai eu le désir
de faire un film sur ceux qui ont un autre rapport au monde. Ce qu'on appelle
de manière un peu lourde « la folie » m'a toujours intriguée, mais je voulais
comprendre et ne pas m'en tenir à la fascination. Au cours des repérages, nous
avons beaucoup réfléchi, avec les intervenants, à ce que la présence de la
caméra allait provoquer chez ces enfants. J'ai rapidement compris que je devais
travailler seule, sans même un ingénieur du son, en attachant la caméra à mon
corps pour faire comme un bloc. Une fois la confiance établie, il est apparu
que l'établissement acceptait d'accueillir le "dérangement" de ce
tournage, et pouvait même en faire quelque chose de thérapeutique. Ce fut
notamment le cas pour Alysson. Ce film fut une expérience passionnante. Dans un
tel environnement, filmer est acte constamment réinterrogé. »
ARNAUD SCHWARTZ
L’HUMANITE
Mariana Otero dévoile des sujets vivants
Après plusieurs documentaires très réussis, dont le plus
récent Entre nos mains, Mariana Otero s'engage ici sur le territoire de
la folie avec les enfants et les intervenants.
« Les psychotiques
ont un inconscient à ciel ouvert », écrivait Lacan ; Dans le film de
Manana Otero, un langage cinématographique prend corps qui passionne et touche
très profondément Entre les blés, Alysson court, court, court et rit de sa
course
D. W.
LIBERATION
UN TERRAIN DE JEUX «A CIEL OUVERT»
DOCU
Mariana Otero suit le quotidien d'un institut pour enfants
atteints de troubles mentaux
La vie quotidienne
dans un établissement scolaire en banlieue parisienne (la Loi du Collège en
1994), au sein d'un groupe de militants anticapitalistes (Nous voulons un autre
monde 2001) ou parmi des ouvrières dans une entreprise de lingerie en
liquidation judiciaire et qui décident de créer une coopérative pour sauver leur
travail (Entre nos mains 2010) la documentariste Mariana Otero s’intéresse aux
collectifs en essayant d'en saisir les rouages mais aussi, comme elle le dit,
de se défaire des a priori qu'elle peut avoir sur l'école, l'entreprise ou
l'engagement. Se défaire des clichés c'est encore ce qui la guide dans A ciel
ouvert où elle rend compte de la coexistence entre thérapeutes et malades dans
un institut médico pédagogique. On met du temps pour peu que l’on ne sache rien
du sujet, à comprendre de quoi souffrent les enfants qui vaquent librement dans
les salles et couloirs de ce grand bâtiment de briques. De même pour les
adultes qui font la cuisine ou du jardinage, jouent aux surveillants, grattent
la gui tare ou organisent des ateliers théâtre.
Cacophonie.
Le Courtil est une institution qui reçoit en internat ou
semi internat des enfants en grandes difficultés psychiques. Des enfants qu'on
a trouvés se tapant la tête contre les murs, habités de voix dans leur tête,
des gamins s'auto mutilant ou développant des crises de violence à l'égard de
leurs proches, en proie à des angoisses insurmontables ou s'enfermant dans des
comportements incohérents ou asociaux Des fous en quelque sorte sauf
qu'évidemment l'étiquette déjà difficile à manipuler quand il s'agit d adultes
devient encore plus inadéquate face à des enfants dont la personnalité est en
pleine formation.
Au Courtil, les
thérapeutes, nombreux se relaient pour que jamais ne cesse le dialogue avec les
enfants, et le film est la description de ce chantier relationnel incessant, où
c’est le bordel, la cacophonie, puis soudain se découvrent des espaces
d’échanges très purs et apaisants.
Le corpus théorique
dont se réclament les intervenants du Courtil,
c’est essentiellement Lacan.
Mariana Otero les interroge, les écoute discuter ensemble
des différents élèves ou patients du lieu, et on découvre une activité
intellectuelle très riche, mais aussi ancrée dans tout un vocabulaire, des
concepts déposés par le penseur dans ses séminaires Au cours du film la prise
de médicaments n’est pas montrée, on suppose que les enfants en prennent. Mais
l'accent est porte sur les stratégies pour éviter les impasses que la psvchose
invente à chaque minute de vie de ceux qui la subissent.
Le film s'accompagne de la sortie d'un petit livre
d'entretiens (I) entre Mariana Otero et des intervenants au Courtil notamment
son fondateur il y a trente ans, le psychiatre Alexandre Stevens qui plaide
contre l'idée de normes cherchant à s’imposer aux individus en faveur d'un
certain désordre, y compris au sein de l'institution qu il dirige. «On doit
accepter de ne pas tout savoir, on doit être une institution où le savoir n'est
pas de notre côté mais chez I autre, chez l'enfant ». Position polémique
évidemment, mais le film ne donne aucune indication sur ce que les équipes
considéreraient comme des échecs absolus de leur méthode, vue ici sous le seul
angle de la bienveillance
DP.
Il n'aura échappé à personne que Lacan est la référence essentielle constamment citée. Il n'est peut-être pas inutile alors - merci Wiki - de piocher çà et là pour une révision (ou une vision) des notions qui peuvent être en jeu. Comme on vient de sortir d'un cycle mathématique, j'ai fait quelques emprunts à des réactions de certains d'entre eux devant les emprunts lacaniens à leur discipline.
Lacan a repris et interprété l'ensemble des concepts
freudiens, mettant à jour une cohérence dégagée de la biologie et orientée vers
le langage, en y ajoutant sa propre conceptualisation et certaines recherches
intellectuelles de son époque (tel le
structuralisme et
la
linguistique).
Lacan compte parmi les grands interprètes de Freud et donne naissance à un
courant psychanalytique : le lacanisme.
Figure contestée, Lacan a marqué le paysage intellectuel
français et international, tant par les disciples qu'il a suscités que par les
rejets qu'il a provoqués.
« Voyez les hiéroglyphes égyptiens : tant qu'on a
cherché quel était le sens direct des vautours, des poulets, des bonshommes
debout, assis, ou s'agitant, l'écriture est demeurée indéchiffrable. C'est qu'à
lui tout seul le petit signe “vautour” ne veut rien dire ; il ne trouve sa
valeur signifiante que pris dans l'ensemble du système auquel il appartient. Eh
bien ! les phénomènes auxquels nous avons affaire dans l'analyse sont de
cet ordre-là, ils sont d'un ordre langagier.
Le psychanalyste n'est pas un explorateur de continents
inconnus ou de grands fonds, c'est un linguiste : il apprend à déchiffrer
l'écriture qui est là, sous ses yeux, offerte au regard de tous. Mais qui
demeure indéchiffrable tant qu'on n'en connaît pas les lois, la clé. »
Lacan se livre alors à un plaidoyer pour démontrer en quoi
toute l'œuvre freudienne peut et doit être lue avec l'appui de ces références
linguistiques et que, pour ces raisons mêmes, ce qui fait l'efficience de la
psychanalyse est lié au fait de parler, qu'elle est une expérience de parole.
Il propose la métaphore d'un hamac :
« l'homme qui naît à l'existence a d'abord affaire au
langage ; c'est une donnée. Il y est même pris dès avant sa naissance,
n'a-t-il pas un état civil ? Oui, l'enfant à naître est déjà, de bout en
bout, cerné dans ce hamac de langage qui le reçoit et en même temps
l'emprisonne ».
Lacan a donc voulu renouveler la réception de
Freud en opérant une
lecture structuraliste de son œuvre, utilisant pour cela les outils de la
linguistique.
Ces outils, il ne fera pas que les réutiliser, il les remaniera pour servir son
propos. C'est à la fois cette volonté de renouvellement de la lecture de Freud
et le remaniement des outils théoriques de la linguistique qui valent à Lacan
son succès auprès des uns et son rejet par les autres
Le
stade du miroir est avant tout une réflexion sur deux
concepts : celui de corps propre, le terme (wallonien) de corps propre
désignant l'intuition de l'unité de sa personne par le bébé, et celui de
représentation - c'est-à-dire à la fois la capacité à organiser les images et à
se situer dans l'ordre de ces images. Lacan affirme que l'enfant anticipe sur
son unité corporelle pas encore physiologiquement accomplie - du fait de la
maturation incomplète du système nerveux - en s'identifiant à une image
extérieure qu'il a été capable de différencier des autres : la sienne.
Pour avoir pu différencier son image de celle des autres, il a fallu qu'il
comprenne la différence entre l'image (au sens de tout ce qui est vu) et la
représentation - l'image qui est mise à la place de ce qu'elle figure. Ma propre
image dans le miroir ne peut être en effet qu'une représentation, elle me
montre ce qu'en aucun cas je ne saurais voir directement, sans utiliser
d'artifice. C'est ainsi que l'on peut comprendre une première différence entre
le Je, celui qui voit son image et qui s'identifie à celle-ci, et le moi,
l'image à laquelle l'enfant s'identifie.
On croit parfois que le stade du miroir dévoile un moment du
développement de l'enfant. Or ce qu'il entend dévoiler c'est la dynamique même
de l'identification, dynamique qui reste la même tout au long de l'existence.
Il décrit la structure - que Lacan appelle encore paranoïaque en 1949 - du
sujet, divisé entre le Je, bientôt le sujet de l'inconscient, et le Moi. Le Moi
est redéfini comme une instance qui relève de l'image et du social, pur
mirage, mais
mirage nécessaire.
Les
mathématiciens en général n'approuvent pas la manière dont Lacan
utilise les notions mathématiques. Ainsi, dans le magazine
Tangente, les auteurs soulignent que Lacan
utilise les mathématiques comme un réservoir de métaphores, sans que ses
raisonnements soient valides mathématiquement comme ceux de Newton. Cet abus
des mathématiques sert à donner aux théories de Lacan l'illusion d'une
profondeur, et d'une légitimité scientifique. Dans le journal
Quadrature, Bernard Randé compare les
écrits de Lacan à
Mickey Parade.
Le linguiste et philosophe américain
Noam Chomsky,
qui a connu Lacan dans les années 1970, a confié qu'il le considérait comme un
« charlatan conscient de l'être qui se jouait du milieu intellectuel
parisien pour voir jusqu'à quel point il pouvait produire de l'absurdité tout
en continuant à être pris au sérieux ».
Le psychiatre a une formation médicale de base puis effectue
une spécialisation psychiatrique polyvalente. Par décret, il est toujours
psychothérapeute même, s'il n'exerce pas
de psychothérapie ou s'il n'a pas de formation spécifique en psychothérapie.
C'est un spécialiste de la prescription des
psychotropes.
D'autres médecins peuvent prescrire des psychotropes mais n'ont pas forcément
de formation spécifique. Les psychologues, par contre, ont une formation
spécifique en psychothérapie mais n'ont pas le droit de prescrire de
psychotropes.
Un psychanalyste est un professionnel qui a
été en
analyse didactique et est en plus formé
sur le plan pratique et théorique à diriger des cures psychanalytiques
1.
« Quiconque a reconnu que le transfert et la résistance constituent le
pivot du traitement appartient sans retour à notre horde sauvage
2. »
Le métier de psychanalyste n'est pas validé par l’État, c'est-à-dire que ce
statut ne nécessite aucun diplôme (contrairement aux psychiatres et aux
psychologues) mais un psychanalyste est en règle générale affilié à une
association ou
école de psychanalyse.