jeudi 14 mai 2026

MORLAIX

                                                                                                                                 

  séance avec débat



  




MORLAIX
(VO)


15 avril 2026 en salle | 2h 04min | Drame
De Jaime Rosales 
| Par Jaime Rosales, Fanny Burdino
Avec Aminthe Audiard, Mélanie Thierry, Samuel Kircher


JEUDI 14 MAI 2026

20h30














Bonjour à toutes et tous,
Au cinéma jeudi 14 mai à 20h30 le film "MORLAIX" de Jaime Rosales. 

Il sera rediffusé 
- Dimanche 17 mai à 18h00
- Lundi 18 mai à 14h00
- Mardi 19 mai à 18h00

À côté de ce film, plusieurs films qui sont dans la sélection officielle au Festival de Cannes, actuellement en salle à Vierzon, semblent avoir enchanté le public : Histoires parallèles, La Vénus électrique, L'abandon, L'être aimé... 


Edwige



Synopsis

Tout public
Fragilisée par le récent décès de sa mère, la jeune Gwen trouve du réconfort auprès de sa bande d'amis et de son amoureux, Thomas. Mais l'arrivée de Jean-Luc, étudiant au charme magnétique, la plonge dans une confusion des sentiments. Qui choisir? Un jour, comme pour éclairer son choix, Gwen tombe au cinéma sur un film qui semble inexplicablement lui dévoiler sa propre vie...












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en vous rendant sur cette page:

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(Vous trouvez aussi un rappel simplifié en bas de chaque page)


    Ce fut un moment de solitude à la fin de la projection car j’étais seul à ne pas apprécier ce film. Certes, certains spectateurs lui avaient trouvé des longueurs mais l’on considérait mes commentaires excessifs.

    On connaît tous ce cadeau de Noël que l’on offre à un enfant, le kit d’apprenti chimiste ou de magicien. Rapidement il a envie de tout ouvrir, de tout tenter. Peu après, il s’en lasse, sans avoir fait sauter la maison ou fait disparaître ses parents. 

  J’avais l’impression que le réalisateur avait cette même tentation avec une caméra tout juste reçue. Il nous a montré tous les effets que l’on pouvait produire, nous a inondé de photos en noir et blanc, d’effets et de prises de vues « intéressantes »sans que je sois persuadé de l’utilité de sa démarche, en somme de l’esbroufe. 

 On a vu un film dans le film, en forme de fantôme constamment présent, un kaleidoscope dérangeant, un confetti de dialogues peu crédibles, bavards, bref, un fourre-tout indigeste. En arrière-plan, des références à la « Fureur de Vivre », à Antigone, à Roxane et Cyrano, à Ovide. Dans un traitement ampoulé et  sur-didactique, le réalisateur en citant les sources, nous a pré-digéré la réflexion,  mais  laissez-nous faire le travail.

   Seules, une vingtaine de minutes de facture plutôt classique m’ont capté. Pourtant, ayant lu le synopsis, je suis rentré dans la salle dans l’espoir de voir les possibilités d’établir des ponts entre les deux heures de film et une vie. Vaste projet. 

Une des particularités du film est de nous offrir deux fois la même scène avec des variations ( devinées auparavant) la vie n’offre guère cette possibilité. Le cinéma pourrait-il prétendre à être la vie en plus court ? Encore faut-il que le projet soit moins prétentieux, plus naturel et mieux joué. 
John




J'étais parti, à la lecture du scénario, sur un préjugé plutôt défavorable devant le cliché prévisible d'un schéma banal d'adolescente hésitant entre deux prétendants. 
Seule la perspective d'une réflexion comme l'action du cinéma sur le cours d'une existence me paraissait digne d'intérêt.
Sur ce dernier point, ce ne fut pas du tout comme je l'avais imaginé, d'où une certaine déception. Le début du film m'a globalement confirmé dans mes appréhensions: longueurs, prétentions,... et je me croyais déjà sûr de mon verdict final: dans le meilleur des cas, de bonnes intentions, mais n'est pas Rohmer ni Marivaux qui veut...

Cependant, avec le temps (même si parfois il m'a paru un peu inutilement long), des bulles de subtilités imprévues, de plus en plus nombreuses, venaient crever à la surface de mes réceptions. Plusieurs fois même, je dois reconnaître que le réalisateur parvenait à me surprendre agréablement: il y avait une profondeur psychologique inattendue chez ces avatars d'Antigone. 
Plus profondément qu'attendu, l'actualisation de mythes antiques dans un langage patchwork d'artificiel assumé et de modernité très écrite se révélait efficace. 
Avec les audaces formelles, je passais aussi, sans en être autrement choqué,  de Bresson à la Nouvelle Vague. Dans le film, ma collègue de français fictive  me donnait certaines clés précieuses: le fait divers est d'abord un acte vécu dans sa contemporanéité, puis il est narration ultérieure de ce fait, et enfin inscription déficitive dans la rubrique de ce nom dans un journal. 
Ainsi le film joue-t-il de ces différents niveaux de temporalité, dans une toile tissée de différents fils que sont les formats variables, les couleurs ou le noir et blanc, les différences de qualité d'images proposées au spectateur, les images en mouvement ou les images fixes (les photos: esthétisantes, magnifiantes, éternisantes). 
Je regrette de n'avoir pas retenu la totalité de l'inscription (une citation de T.S. Eliot) sur la tombe de Jean-Luc: elle me semblait confirmer l'importance d'inscrire dans l'éternité la fugacité d'un instant ou d'une vie. Que pèsent les impatiences adolescentes devant le temps long de la vie qui suit, et du temps infiniment plus long de la mort? C'est pourtant le même Jean-Luc qui disait qu'on a très vite fait de rater sa vie, surtout à notre époque... Il y avait urgence à ne pas se tromper, à faire le bon chioix. 
Je terminerai en gravant ici cette traduction de quatre vers du même poète: 

Nous ne cesserons pas d'explorer –
L'aboutissement de toutes nos quêtes
Sera d'atteindre l'endroit d'où nous étions partis –
Et pour la première fois de le reconnaître.

Jean-Marie

En contrepoint/compléments :




Critique : D’abord, il y a les images fixes de la célèbre ville bretonne, plantée entre la mer et la terre, avec son immense viaduc qui surplombe le port, images qui alternent avec celles de Paris. Jaime Rosales s’attaque donc à un conte sentimental, avec ses yeux espagnols, sur cette ville du Finistère où il donne la voix à des adolescents, en terminale, aux prémices de la vie. Mais Morlaix ne semble pas qu’un lieu de marivaudage, c’est aussi un espace de cinéma où un film s’invente au même rythme que le récit qu’il raconte.


Morlaix est donc un film dans le film, un récit amoureux à plusieurs tiroirs, où ces adolescents, qui ne parlent d’ailleurs pas comme des jeunes d’aujourd’hui, tissent des amourettes. Quand ils ne philosophent pas sur la vie, le temps qui passe, le sens des choses, ils errent au milieu des paysage magnifiques de la Bretagne et s’adonnent à leurs amours dans des forêts ou des villages silencieux. Ils ne peuvent pas parler comme aujourd’hui, car en réalité, ils sont les souvenirs d’une histoire qui s’est passée vingt années plus tôt et qu’une héroïne moderne, préparatrice en pharmacie, revisite à l’occasion des retrouvailles avec un ami d’enfance. Morlaix a tout du film bobo par excellence, que le cinéaste propose après Les tournesols sauvages, œuvre plus intemporelle et très dense. La dimension intimiste, lettrée, préfigure à une fiction au rythme très étiré, qui joue avec les formats de l’écran, le noir et le blanc et la couleur.

Évidemment, Rohmer n’est pas loin dans cette comédie dramatique. On pense à ses fameux Conte d’été, Le genou de Claire ou Pauline à la plage, tant la succession des dialogues rappelle l’inimitable empreinte de la Nouvelle Vague. Hélas, les jeunes comédiens parfois dérapent dans les propos, et la mise en scène un peu hasardeuse ne corrige pas toujours les défauts. Même l’image ne semble pas toujours très soignée, le cinéaste privilégiant une approche très naturelle, directe, qui laisse la place à l’inexactitude. Les thèmes des amours contrariées, de la jalousie, de la maternité ou de la mort se retrouvent dans ce conte très délicat, dont la dernière partie démontre la grande capacité du réalisateur à raconter des histoires. Jaime Rosales balade son spectateur avec un goût certain pour le marivaudage, la littérature. Il semble lui-même tombé amoureux de la ville de Morlaix où même la salle des spectacles et le cinéma deviennent mythiques.


Morlaix est un film destiné à ceux et celles qui aiment la Bretagne avec ses brumes pluvieuses, ses maisons en granit, ses côtes escarpées. Le long-métrage prend le temps de décrire ces amours adolescentes, auxquelles Mélanie Thierry, dans la dernière partie du film, apporte une grâce supplémentaire. On s’y ennuie avec plaisir, tant les deux heures s’étirent, mais à aucun moment le mauvais goût ne survient. Voilà donc une œuvre étonnante, originale, qui ravira les amoureux des bons mots.


Nous ne cesserons pas notre exploration  
Et le terme de notre quête  
Sera d'arriver là d'où nous étions partis  
Et de savoir le lieu pour la première fois.  
A travers la grille inconnue remémorée  
Quand le dernier morceau de terre à découvrir  
Sera celui par quoi nous avions commencé ;  
A la source du plus long fleuve  
La voix de la cascade celée  
Et les enfants dans le pommier  
Non sus parce que non cherchés  
Mais perçus, à demi perçus dans le silence  
Entre deux vagues de la mer.  
Vite, ici, maintenant, toujours -  
Une simplicité complète  
(Ne coûtant rien de moins que tout)  
Et toute chose sera bien  
Toute manière de chose sera bien  
Lorsque les langues flamboyantes  
S'infléchiront dans la couronne  
Du nœud ardent et que le feu  
Et la rose ne feront qu'un.

                (The Little Gidding, 1943)


Le nom de Morlaix a une étymologie discutée et assez complexe. Les formes anciennes du nom apparaissent dès le XIIᵉ siècle sous des graphies comme Mons Relaxus, Montrelez ou Montrelais.

Longtemps, plusieurs explications populaires ont circulé :

une origine bretonne comme mor-laez (« mer de lait ») ou mor-lès (« près de la mer ») ;
la célèbre devise légendaire :
« S’ils te mordent, mords-les ! », censée évoquer la résistance aux Anglais.
Mais cette formule est considérée comme un jeu de mots tardif, non comme la véritable origine du nom.

Les spécialistes actuels penchent plutôt vers une origine en ancien français médiéval :

mont = hauteur, colline ;
relais / releis = terrain laissé à découvert par la mer ou un cours d’eau.

Le sens global serait donc quelque chose comme :

« la colline laissée à découvert par la mer ou le fleuve »

ce qui correspond bien à la topographie particulière de Morlaix, construite autour d’un estuaire encaissé.

En breton, Morlaix se dit aujourd’hui Montroulez.
(ChatGPT)


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Précision utile: les séances Ciné Rencontres sont ouvertes à tous, et pas seulement aux membres de l'association. Même chose pour notre pot d'après débat.







Facile de nous trouver. Il suffit de taper "cinégraphe" sur Google par exemple...
(capture d'écran du 27 septembre 2017).










Tiens... tiens... "abondante et variée"... Et si Ciné Rencontres y était un peu pour quelque chose en fin de compte?...



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1 place F. Mitterrand
18100 Vierzon

02.48.75.30.62
www.radiotintouin.org


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Le film de la semaine est chroniqué (annoncé) par John et/ou Edwige et/ou moi (selon disponibilités) cinq fois dans la journée du vendredi où le film passe. 

Horaires des annonces Ciné Rencontres le vendredi:

9h15  12h15  14h15  16h15  17h25








BR 4 10 2022



BR 6 10 2021



BR 23 11 2021



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(films Ciné Rencontres: les films avec débat + les films labellisés Ciné Rencontres)








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