lundi 6 juin 2016

ILS SONT PARTOUT

34ème séance avec débat








ILS SONT PARTOUT

Comédie de et avec Yvan Attal, Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Dany Boon, Charlotte Gainsbourg, Gilles Lellouche... (2016 - 1h51). 







VENDREDI 3 JUIN (CINE DEBAT)
20H30

antisémitisme, identité, psy, juif, clichés, comédie,...
Le ressort comique des clichés sur l'obsession de quelqu'un qui voit des juifs partout.






Ce film à sketches est aussi un film à thèse, et contrairement à ce qu’on proclame souvent, ce n’est pas forcément un gage de médiocrité. Pour éviter cet écueil, l’esthétique peut aider, bien sûr, mais pour rester dans le domaine des idées, il y faut des éléments de nouveauté qui alimentent ou nourrissent le débat et la réflexion. C’est bien me semble-t-il le cas pour ce film, qui ajoute, cerise sur le gâteau, la dimension d’un courage certain.
La thèse centrale peut paraître banale, même si elle remonte explicitement au moins au Shakespeare du Marchand de Venise : chercher l’universalité humaine, base de la démocratie, plutôt que l’enfermement communautaire, qui en est le contraire, voire la négation. Mais, mise en scène et visible par tous sur les écrans de France, l’idée s’incarne et sa force est multipliée. Ainsi la séquence d’ouverture où on offre un verre à quelqu’un qu’on veut absolument étiqueter contre sa volonté, prétendant lui interdire d’appliquer le précepte des Lumières : Ose penser par toi-même. Savoureuse aussi la démonstration qu’une forme d’intelligence aiguë peut se développer à partir de prémisses absurde (l’histoire des deux ramoneurs).
Intéressante enfin l’interrogation sur le langage et les mots qui sont destinés à bloquer le débat avant même qu’il ne commence. On « cite » Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde. » Peu importe que Camus a dit en réalité : « Mal nommer un objet… », ou encore, dans L’homme révolté : «La logique du révolté est... de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel.»
Partons de l’obsession, bien réelle cette fois, de quelqu’un qui en voyait partout, des juifs, et en mettait partout. En 1924 il emploie le mot 373 fois dans son trop célèbre livre, soit en moyenne une page sur deux. Il trouve là son bouc émissaire parfait de tout, même de la défaite de 14-18.
Pour revenir au film, il y a du George Orwell dénonçant la novlangue (celle des fascismes de la Deuxième Guerre mondiale) derrière certaines séquences. On projette l’antisémitisme sur l’antisionisme, comme plus généralement l’islamophobie (une irrationalité, voire une maladie mentale nouvelle !) sur l’anti-islamisme radical et les diverses régressions religieuses ou pseudo-religieuse qui y sont liées. Plus respectueux qu’il n’y paraît sur la diversité des convictions personnelles, le film démontre que pour la vie collective on n’a inventé rien de mieux que la laïcité. Dernière séquence qui pourrait bien être une clé : je suis juif et personne ne prend au sérieux en France les persécutions dont je suis victime, alors j’en viens à imaginer de jouer le rôle d’un musulman, parce qu’alors sans doute je serai davantage considéré, davantage pris au sérieux comme victime crédible.
A la limite, étant donné l’importance des enjeux, que le film soit bon ou pas est une question secondaire. Comme les caricature de Charlie-Hebdo, qui peuvent faire rire, qui peuvent plaire,… ou pas, l’important est qu’on crée les conditions favorables pour les faire exister : il y va en effet de la liberté d’expression.


Ce n’est pas le dernier mot sur le film, mais cette critique peut susciter des réflexions intéressantes. Elle montre en tout cas utilement l’originalité de ce film, qui n’est pas du tout un ovni dans l’histoire du cinéma, mais qui n’est pas non plus la énième reprise de quelque chose de réchauffé et de déjà vu cent fois dans le passé.
http://www.telerama.fr/cinema/ils-sont-partout-sort-en-salles-l-humour-juif-est-toujours-le-reflet-d-une-situation-locale,143340.php


Et si on en redemande sur le pour et le contre…
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/ils-sont-partout-le-pour-et-le-contre-de-la-redaction_1796949.html

Et encore plus de réactions ? Il y en avait qu’il valait mieux censurer !
http://www.marianne.net/antisemites-ne-pas-s-abstenir-ils-sont-partout-film-choc-yvan-attal-100243299.html

Des centaines de commentaires hystériques ont rapidement déferlé après publication de cet article. Marianne a donc décidé de fermer les commentaires pour ce papier. Martine Gozlan en explique la raison par ici.
http://www.marianne.net/fermez-les-commentaires-antisemites-100243303.html





ALLO CINE SECRETS DE TOURNAGE

Rire de l'antisémitisme

Yvan Attal a eu envie de faire ce film dont le sujet est "l'antisémitisme, pas les juifs", selon son réalisateur, après les attentats meurtriers commis par Mohamed Merah à Toulouse en 2012. Cela lui trottait tout de même dans la tête depuis un long moment, bien avant l'affaire Ilan Halimi de 2006 : "On ne choisit pas son sujet c’est lui qui vous choisit. Il s’est imposé à moi malheureusement quelques années plus tard. Avec Mérah et Halimi... Avant Janvier 2015. La colère est montée. Celle de ne pas être assez entendu, celle de ne pas se sentir un Français comme les autres. Donc j’ai eu envie d’en parler, mais la parole je ne pouvais la prendre qu’au cinéma. Il était temps à 50 ans de faire un film pour parler de quelque chose qui me tenait réellement à coeur !"
Un thème tristement d'actualité

C'est le producteur Thomas Langmann qui a proposé à Yvan Attal de faire un film avec lui ; ce dernier a alors sauté sur l'occasion pour lui parler de Ils sont partout, un film "un peu particulier" selon le cinéaste. Le sujet n'a pas fait peur à Langmann, donnant carte blanche au metteur en scène. Attal s'est ensuite attelé à écrire le scénario avec Emilie Frèche, déjà responsable du scénario de 24 jours d'Alexandre Arcady, le film retraçant l'affaire Ilan Halimi : "Emilie Frèche s’est imposée. Elle avait déjà beaucoup travaillé sur le sujet. On a écrit ce scénario et puis tout d’un coup est arrivé la tragédie de Charlie Hebdo et l’hyper cacher. Le scénario était déjà dans les chaînes en lecture. Le jour où je suis arrivé chez France 2 pour défendre le projet, il y avait dans le bureau une télé avec la prise d’otages en direct de l’hyper cacher... Mais mon film n’est pas du tout un film d’actualité mais un film de société. Il parle du malaise que je ressens en tant que juif, dans mon pays, la France", confie le réalisateur.


Pas de sujet tabou

Pour Yvan Attal, il est très important de parler de la montée de l'antisémitisme et ne pas laisser ce sujet devenir tabou dans la société. En parler est une solution pour commencer à l'enrayer : "La haine anti-juive a ces dernières années violemment refait surface en France comme dans d’autres pays d’Europe, plus personne ne peut le nier. On tue aujourd’hui en France des gens parce qu’ils sont juifs ! On préfère être dans le déni ? Ne pas vouloir en parler est presque pire... (...) « Mal nommer les choses, disait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Eh bien, je crois comme Camus. Je crois qu’il faut continuer à dire les choses, à les répéter inlassablement, surtout en ces temps où on veut moins les entendre – voilà pourquoi ce projet me tient tant à coeur, pourquoi il devenait nécessaire pour moi de faire ce film. Je n’ai pas l’espoir de faire changer l’avis des antisémites – mais je me dis en revanche que si je pouvais faire réfléchir les nouvelles générations ça serait déjà énorme".



UNE PRESSE DIVISEE... PARFOIS A L'INTERIEUR DU MEME TITRE




Marianne
 par Martine Gozlan
Avec "Ils sont partout"; Attal donne donc la grosse artillerie de la caméra comique. (...) Le tragique se glisse (aussi) entre chacun des sketches, obligeant le spectateur de la farce à affronter le réel de la tragédie.


Le Journal du Dimanche
 par Danielle Attali
Tout ce que vous avez pu entendre sur les juifs de pire, de réac, de sinistre, d’idiot se trouve moqué, malheureusement sans être dynamité (...).  Certaines pastilles sont drôles (...) mais la démonstration est vite encombrée par les poncifs qu’elle dénonce, jusqu’à devenir gênante.


Cahiers du Cinéma
 par Joachim Lepastier
Gros malaise que ce spectacle d’un « film citoyen » trop pontifiant pour faire naître un rire libérateur, et trop inconséquent pour dépasser ses propres impensés.


C’est vrai qu’il ne dépasse pas ses propres impensés. Mais arrêté à ce stade, les réactions sont déjà violentes (voir les sites qui ont dû censurer les commentaires haineux). Qu’est-ce que ç’aurait été alors si les « impensés » avaient été explicités, encore plus s’ils avaient été dépassés ! Le film s’arrête à la limite de l’accusation de jeter de l’huile sur le feu. Est-ce un tort ? Il est accusé à la fois d’aller trop loin et de ne pas aller assez loin. Etait-ce si facile, et même, était-ce si souhaitable ?
Même division en ce qui concerne les sketches et le fil rouge. Tantôt on aime les uns et pas l’autre, ou l’inverse. Il y faudra une longue décantation.

Mais Le Figaro, dans tout cela est aux abonnés absents (L'Humanité aussi, d'ailleurs). Pourquoi ?... Un petit quelque chose ici : 

Ah si, j’ai fini par trouver ce paragraphe : eh bien, Le Figaro n’aime pas le film :
http://evene.lefigaro.fr/cinema/films/ils-sont-partout-4329544.php

LA CRITIQUE DE LA RÉDACTION
Par Eric Neuhoff (Le Figaro) 
Il était une fois un garçon qui avait réalisé des films enlevés, charmants, personnels et qui s’était mis en tête de penser. Ce fut un tort. Yvan Attal se penche sur l’antisémitisme dans une série de sketchs reliés par des séances chez un psychanalyste. Pourquoi pas ? Mais n’est pas Philip Roth qui veut. Singer Woody Allen n’est pas la garantie de l’égaler. Se moquer du FN semble déjà dater. Envoyer un agent du Mossad dans le passé pour incarner Jésus tombe à plat. Faire de Dany Boon un Juif pauvre méprisé par sa femme fait long feu. Cela prétend alerter les consciences et cela provoque des bâillements discrets. Cela veut être drôle, mais finit par être gênant. Manque surtout l’antisémitisme numéro un, celui des banlieues. On dirait du mauvais Jean Yanne. Lui, au moins, avait eu l’audace de signer « Les Chinois à Paris ». On cherche en vain le sketch « Les barbus dans la capitale ».



LES LIMITES ASSUMEES PAR LE REALISATEUR…
ASSUMEES, VRAIMENT ?

http://next.liberation.fr/cinema/2016/05/30/yvan-attal-est-bien-la_1456152



«On m’a bien fait comprendre que réaliser un film sur les clichés qui fondent l’antisémitisme était problématique. Même traité sous l’angle de la comédie. Ce qui est problématique, c’est de ne pas nommer les choses. Quand Dieudonné a commencé ses mauvaises blagues, je détestais et me faisais traiter de paranoïaque. Et puis, il y a eu Halimi, Merah… La haine antijuive que je ressentais depuis déjà dix ans a refait surface violemment. Le jour où je défendais le scénario pour obtenir un financement, il y avait la prise d’otages de l’Hyper Cacher… Etant juif par mes racines mais pas religieux, je partage une culture, une histoire et le désarroi, la solitude d’une communauté aux obédiences diverses.»



A chaque interview, la question de l’islamophobie lui est posée. «Je n’aime pas cette question. On tue les juifs dans la rue. On ne peut pas le nier. Et cela ne minimise pas ce que vivent les musulmans de France. Je refuse de me laisser entraîner dans toute forme de concurrence victimaire, ce n’est pas le débat, et encore moins celui du film.» Il s’apprête, avec sa coscénariste, la romancière Emilie Frèche, à lancer une collection de romans graphiques, «Les clichés sont partout». Et c’est assez malin car la thématique permet de ratisser large les stéréotypes qui concernent les Noirs, les Arabes, les homos, les aristos…


NE NEGLIGEONS SURTOUT PAS LA CO-SCENARISTE

Toujours inspirés de sa vie personnelle, les romans d'Émilie Frèche abordent la question de l'identité, de la judéité, la difficulté des rapports familiaux et amoureux, ainsi que la violence verbale.
Ses interventions médiatiques sur le conflit israélo-palestinien ou l'affaire Ilan Halimi, thèmes présents dans son œuvre littéraire, font d'elle une écrivaine engagée dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
En 2006, Elle signe deux documents sur l'affaire Ilan Halimi, La Mort d’un pote et 24 Jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi. Celui-ci fera l'objet d'un film avec Pascal Elbé et Zabou Breitman réalisé par Alexandre Arcady dont elle signe le scénario avec lui. À cette occasion, elle dénonce la montée d'un nouvel antisémitisme en France issu des banlieues, montée qui était à cette époque largement contestée.
En 2010, elle lance les Éditions du Moteur avec Laure Gomez Montoya.
En 2014, elle signe une tribune dans Le Monde dénonçant la conduite de Nicolas Anelka manifestant sa sympathie à l'égard de l'humoriste Dieudonné. Elle est invitée a l’émission Ce soir ou jamais sur le thème : « Faut-il interdire Dieudonné ? ».
Émilie Frèche poursuit aussi une carrière de scénariste. En 2014, elle co-signe le film engagé d’Yvan Attal  Ils sont partout sorti le 1er juin 2016, une comédie qui dénonce les clichés liés à l'antisémitisme en France. En 2015, elle co-écrit avec Marie-Castille Mention-Schaar (réalisatrice des Héritiers) un drame sur des jeunes filles candidates au djihad.
Sa première pièce, Un prince, devrait voir le jour en 2016 avec Sami Bouajila dans le rôle principal.


NI LE MARI DE LA CO-SCENARISTE



Issu d’un milieu modeste de sépharades, Jérôme Guedj est titulaire d'un baccalauréat C, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1992) et élève de l'École nationale d'administration (promotion Victor Schœlcher, 1996).
Jérôme Guedj adhère au Parti socialiste en 1993, proche du courant de la Gauche socialiste fondé par Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray. Cette adhésion est la continuation de ses premières années d'engagement politique (1986-1988) au sein de SOS Racisme et d'opposition au projet de loi Devaquet à l'automne 1986. Lors des élections législatives françaises de 1997, il est désigné suppléant du candidat socialiste dans la sixième circonscription de l'Essonne, François Lamy, élu avec 53,12 % des suffrages.




PROLONGEMENTS

L'anecdote irlandaise
Pour Régis Debray, le vote communautaire est un piège tendu à la démocratie, et il l’illustre par ce qu’il appelle « l’anecdote irlandaise ».
En Irlande du Nord, le sergent recruteur demande au conscrit : « Catholique ou protestant ? » Il répond « Athée. » Le sergent demande alors : « Athée catholique ou athée protestant ? » 


Le Hadash
Une étonnante alliance parlementaire socialiste et communiste israélienne juive et arabe.
Plate-forme électorale
Le programme du parti pour les élections de 2009 comprenait les points suivants :
obtenir une paix juste, d'ensemble et stable entre Israéliens et Palestiniens et Israéliens et Arabes.
protéger les droits et acquis des travailleurs.
développer les services sociaux : santé, éducation, logement, assistance, culture et sports.
égalité pour la population arabe d'Israël.
éradication de la discrimination ethnique dans tous les cas, défendre les préoccupations des habitants des quartiers désavantagés et des villes en développement.
protection des libertés démocratiques.
égalité des sexes dans tous les cas.
protection de l'environnement et justice environnementale.
élimination des armes de destruction massive.

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Hadash_(parti_politique)

Avant les législatives de mars 2015
« Un tremblement de terre en perspective ! » se réjouit Efraïm Davidié, qui n’hésite pas à parler de « troisième force politique du pays».

Selon lui, « 11 députés, jusqu’à 15, c’est réaliste », assure-t-il, car « la liste suscite l’intérêt d’une large frange de la population israélienne. Elle revendique l’égalité pour tous les Israéliens, se positionne en faveur des droits des femmes, des droits nationaux des populations palestiniennes et de l’antiracisme. Elle est ouverte à tous».





Des films
Souvent très courageux à leur époque, mais moins adaptés à notre actualité, voici les films références sur le sujet:










COMPLEMENTS, PROGRAMMES, PHOTOS, BANDES ANNONCES,...
    Cliquez sur le lien ou sur l'image.

http://cinelumiere-vierzon.info/



Vous n'avez pas manqué de remarquer la rubrique ART ET ESSAI... et le lien
CINE RENCONTRES.





Carte d'adhérent.
NOUVEAU. Tarif de 5 euros sur présentation de la carte d'adhérent de Ciné-rencontres à la caisse.  (Ce tarif est appliqué uniquement sur les films sélectionnés dans le programme de Ciné-rencontres.)
N'hésitez pas à nous la demander.
Rappel du tarif d'adhésion: 10 euros pour un an (de date à date) avec possibilité d'affilier 2 personnes si on le souhaite pour ce montant (chacune aura sa carte, ce qui revient à 5 euros l'adhésion avec cette option couple" au sens très large: amis, relations,...). 5 euros pour étudiant ou chômeur (possibilité également d'adhésion "couple", ce qui revient alors à 2,50 euros).
Ne vous souciez pas de la date de renouvellement: nous vous contacterons le moment venu. 












Vous pouvez remplir cette fiche chez vous, après l'avoir copiée et collée (par exemple) dans un traitement de texte (Word,...). 


Merci pour votre soutien. 

















Précision utile: les séances Ciné Rencontres sont ouvertes à tous, et pas seulement aux membres de l'association. Même chose pour notre pot d'après débat.




2 commentaires:

  1. Malheureusement ce sont surtout les antisémites qui "sont partout" :
    https://fr.news.yahoo.com/croix-gamm%C3%A9es-synagogue-verdun-171842908.html?nhp=1

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  2. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/06/03/un-proche-de-dieudonne-gagne-un-concours-iranien-de-caricature-sur-l-holocauste_4933622_3218.html?xtmc=antisemitisme&xtcr=1

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