vendredi 6 juillet 2018

PAUSE CRITIQUE JUIN 18

avec Francis de Laveleye
(producteur et maître de conférences à l’Université Libre de Bruxelles)












ESCOBAR
PLAIRE AIMER ET COURIR VITE





Photo : il est venu à Vierzon, avec sa femme France Brel :

(Un grand merci pour nous avoir donné l'autorisation de diffuser ses critiques sur notre blog.)



FILMS JUIN


498

Disobedience de Sébastien Lelio

Un film à ne pas manquer qui s'inscrit dans les mêmes problématiques communautaires que celles évoquées dans La Mauvaise réputation (496) Todos lo saben (487) Razzia (487) Call me bu Your Name (464) Noces (342) pour ne citer que des exemples récents de scénarios inspirés par la transgression dans un univers communautaire très oppressant. Ici les Juifs anglais traditionalistes, orthodoxes, hassidiques. Pour ceux que cela amuse, admirez les mezouzah qui ornent chaque chambranle des portes de la maison. Un des intérêts du film est de suivre les rituels de deuils.

L'histoire est déroulée avec une grande finesse, de nombreux rebondissements intériorisés et interprétée de façon admirable. Par les deux protagonistes, mais aussi tous les autres rôles qui, parfois simples silhouettes d'une seule phrase dans une seule scène, sont parfaits, fascinants, attachants. Au delà de cette immersion quasi anthropologique, il y a une thématique universelle, celle de la soumission à la collectivité ou le courage d'assumer ses désirs profonds, au risque de faire du mal à l'autre pour se faire du bien, survivre même. La pression sociale contre la liberté individuelle.

Le traitement de ces thématiques est très fin, complexe et mérite la plus grande attention. Car c'est notre époque qui renforce les communautarismes délétères, les replis sur son groupe religieux réactionnaire par essence.

Vous serez sensibles aux cadrages accentuant sans cesse le caractère étriqué de ces vies, de ces espaces, le regard de chacun sur tous, la proximité des visages tellement expressifs. Soyez attentifs à la musique qui accompagne et participe de façon fine et riche aux multiples moments de tension, d'émotion, de recueillement qui traversent l'histoire.



499

Escobar de Fernando Leon de Aranoa

Ce film contribue, me semble-t-il, à la prise de conscience de ce qu'a été - et est encore - le milieu pourvoyeur de cocaïne.

C'est donc un film avec des scènes d'une rare violence, une cruauté physique inimaginable et, à cause de ça, qui mérite d'être mise en scène.

L'humanité qui s'organise pour le pire des commerces avec les mœurs les pires qui puissent être. Si tout n'est pas vrai, tout est intéressant. La façon dont le Cartel de Medellin a fait régner la terreur, l'offensive de la police et de l'armée colombienne, l'intervention américaine.

La photographie et les décors donnent au film un aspect très affirmé, couleur locale.

Et dans ce monde de monstres, une histoire d'amour torride et épouvantable se développe. Les protagonistes sont éblouissants de talents, Pénélope Cruz de beauté, et Javier Bardem de folie. Deux rôles subliment interprétés, même si c'est au service d'une cause immonde, celle ou la vie humaine n'a plus aucune valeur.

La grande réussite du film, si l'on peut surmonter ces images abjectes, est de mélanger la dérive mentale, l'organisation mafieuse et un suspens qui ne faiblit pas durant tout le film qui, pourtant, va de rebondissements en surprises, de moments très violents et d'autres paisibles et de bon ton.

Un film marquant mais lourd à cause de son contenu.



500

Plaire, Aimer et Courir Vite de Christophe Honoré

Plaisant, aimable, mais de là à dire qu'il faut courir vite pour aller le voir, il y a une nuance parce que le film s'inscrit de façon militante dans un genre très marqué, celui des amours homosexuelles masculines. En outre, le style de narration est très " éclaté " et le spectateur doit recomposer tout au long de la projection le puzzle dont les pièces sont délivrées dans un certain désordre.

Des amours passées et nostalgiques, des " coups de queue " joyeux et éphémères, des jeux de séductions complexes et zigzagants, des scènes presque de reportage sur ce que Trenet chantait de façon allusive dans Le jardin extraordinaire, cette drague anonyme, faites de signes infimes entre mâles en recherche de jouissances purement physiques.

Et tout cela se déroule dans la vie plus ou moins réelle. Certains travaillent, d'autres se prostituent, tous essayent de vivre leur nature et leurs désirs d'amour avec beaucoup de variété et de souffrance. Le film rdt situé en 1993, et le sida y fait des ravages. Ce n'est pas un film qui se consacre à cette question, mais qui replace le sida, la mort, au centre d'un choix de vies parfois atrocement détruites. Il y a une scène de Piéta dans une baignoire, des dialogues très émouvants. Même si, de façon générale, le langage utilisé est très singulier, abscons et trop souvent inaudible pour des raisons de qualité de prise de son et de mixage (caractéristique du cinéma français...) Le récit mêlent (et emmêle) les scène réelles et celle fantasmées. Ce qui n'est ni simple ni dépourvu d'intérêt, mais parfois d'une lecture difficile à décrypter.

Un film qui est à l'inverse du feel good movie, un film âpre, ce qui en fait son intérêt principal. Le metteur en scène est, depuis longtemps, (ré)actif sur les questions de société, dans le monde du cinéma et du théâtre, une personnalité forte en gueule qui une nouvelle fois, montre sa manière de penser, de façon directe, très complexe, sensible et singulière. Un film, si non " inclassable " du moins très particulier et donc très intéressant qui tranche enfin dans la cinématographie française de bon ton.




































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Berry républicain 2 décembre 2017



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